( 19 mars, 2013 )

Histoire du vin

La plus ancienne preuve de fabrication du vin provient d’Iran, sur le site de Hajji Firuz Tepe, au nord des monts du Zagros. Des traces de vin ont été trouvés dans des jarres, datées de la fin du VIe millénaire, vers 5400-5000 avant J.-C :

http://www2.cnrs.fr/journal/2408.htm

Il semblerait que ce vin était obtenu à partir de vignes sauvages. Les hommes ont du profiter de ce raisin bien avant. Les premières traces de ramassage datent du Paléolithique inférieur, entre 500 000 et 120 000 avant notre ère.

Non loin de là, en Arménie, quatre mille ans avant notre ère, sur le site d’Areni, c’est tout un atelier de fabrication de vin qui a été exhumé :

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/homme/d/une-fabrique-de-vin-ouverte-il-y-a-6000-ans_27280/

 

L’Égypte des pharaons a toujours connu le vin,comme l’ont montré des résidus découvert au fond de jarres dans le tombeau du roi scorpion.

http://archeologie-vin.inrap.fr/Archeologie-du-vin/Histoire-du-vin/Neolithique/L-histoire/Pratiques-funeraires/p-13111-Les-700-jarres-de-la-tombe-U-j-d-Abydos-attribuee-au-roi-Scorpion.htm

Cette boisson était toutefois réservée au pharaon et aux nobles. Elle était appelée « breuvage d’Horus », et des sceaux faisaient office d’étiquettes.

Au Nouvel Empire, la tombe de Sennefer est la plus célèbre pour la décoration de son plafond sur le thème de la vigne. Ce qui lui a valu son nom de « Tombe aux vignes ».

 

Préférant le vin à tout autre boisson, les Grecs et les Romains avaient un dieu à qui dédier ce breuvage :  Dionysos chez les Grecs, Bacchus chez les Romains.

La civilisation grecque, comme celle des Égyptiens, a toujours connue la vigne. Ainsi, selon Thucydide : « Les peuples méditerranéens commencèrent à sortir de la barbarie quand ils apprirent à cultiver l’olivier et la vigne ».

 

Très tôt, les Gaulois ont été des consommateurs de vin. Mais ils étaient de gros importateurs de cette boisson surtout produite sur les rives de la Méditerranée. Tite-Live affirme que c’est par amour du vin que les Gaulois sont venus envahir Rome en 390 avant notre ère.

( 5 mars, 2013 )

Histoire de la bière

Les premières bières sont apparues avec la culture de l’orge. Au début les levures, semblent avoir été des apports accidentels naturels. Ces dernières étaient également utilisées pour fabriquer le pain, le vin et d’autres alcools.

Voici deux articles qui donnent toutes les informations utiles sur le processus de fermentation nécessaire à la fabrication de la bière :

http://www.histoire-pour-tous.fr/dossiers/232-histoire-generale/3558-histoire-de-la-biere-1-lantiquite.html

http://blogs.mediapart.fr/blog/michel-de-pracontal/270811/samedi-sciences-7-le-mystere-de-la-biere-resolu

Il semble que la bière soit apparue en même temps que les céréales dans le croissant fertile, mais aussi en Chine et en Amérique du sud.

 

Mais quelles sont les preuves les plus anciennes ?

 

Durant l’Égypte pré-dynastique, vers 3500 avant notre ère, des fouilles à Hierakonpolis ont montré l’existence d’une installation de brasserie où la bière était faite à base de blé.

http://www.beer-studies.com/world-history/birth_of_brewery/primitive_beers/hierakonpolis-egypte

 

Dans l’antiquité, l’utilisation de multiples mots pour désigner cette boisson fermentée était une façon de décliner les additifs et les différentes manières de brasser ce breuvage. Les Sumériens, notamment, avaient développé une dizaine de type de bière et cela dès les débuts de la civilisation mésopotamienne.

Vers 1750 avant notre ère, le code du roi Hammourabi a institué quelques lois relatives à la bière commercialisée dans les tavernes. Les tenancières de ces établissements fabriquaient et vendaient ce breuvage. Les lois avaient pour but d’éviter qu’elles ne fraudent sur les quantités ou sur les poids, mais aussi à filtrer la clientèle : les religieuses en étaient interdites et les cabaretières devaient dénoncer les individus conspirant contre le roi.

 

En Grèce et à Rome, la bière avait sa place vers les débuts de ces deux civilisations. Mais la bière était plutôt la boisson des rustres et des peuples baptisés « barbares ». Des tablettes découvertes dans le castrum de Vindolanda, près du mur d’Hadrien en Grande-Bretagne, montrent que les légionnaires d’origines Bataves ou Brittons étaient approvisionnés en bière .

 

La cervoise des gaulois n’était pas tout à fait une bière. Voir la recette plus précise sur ce site :

http://www.e-stoire.net/article-la-cervoise-boisson-des-gaulois-97097894.html

 

 

( 12 février, 2013 )

Domestication du cheval

Les preuves de domestication du cheval ont été obtenues par l’examen des os des mâchoires et des prémolaires des squelettes de chevaux trouvés par les fouilles archéologiques : par la recherche de traces de mors.

Dans Science, une publication de 2009 d’une étude conduite par les Universités britanniques d’Exeter et de Bristol, en collaboration avec le CNRS, fait apparaître que les plus anciennes traces de domestication du cheval par l’homme connues à ce jour, remontent aux alentours de 3 500 avant notre ère, chez les peuples du Kazakhstan, sur le site de Botaï. Les chevaux étaient à la fois attelés et traits pour leur lait. Ce qui  a donné un avantage considérable à la vie nomade.

http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1549.htm

D’après Iaroslav Lebedynsky, 99 % des restes d’animaux retrouvés à Botaï sont ceux de chevaux. Ce savoir-faire s’est peu à peu propagé aux régions voisines.

Cependant, les plus anciens vestiges de chars de combats attelés de chevaux proviennent de la culture de Sintachta, située au sud de l’Oural, entre 2 200 et 1 800 avant J.-C. Le principal site archéologique en est Krivoïé Ozero.

C’est vraisemblablement grâce au cheval que les Hittites, en 1595 avant J.-C., conduits par Mursuli, sont allés jusqu’à Babylone.

Pourtant, le cheval, appelé « âne de l’Est » ou « âne des montagnes », était déjà connu des Mésopotamiens. Il est mentionné sur des documents cunéiformes vers 2100 avant notre ère.
Mais c’est surtout l’utilisation du cheval comme moyen logistique dans les guerres que les Hittites ont perfectionnée. Anita, dès le 18e siècle avant J.-C., évoque une bataille avec 1400 fantassins et 40 attelages de chevaux. Un siècle plus tard, Hattusili généralisa l’usage des chars de guerre. Un attelage était mené par deux ou trois guerriers.

Des manuels d’entraînement militaire furent retrouvés : les guerriers les plus valeureux se spécialisaient dans les combats de chars. Les chevaux étaient poussés jusqu’aux limites de leur endurance.

http://zervan.fr/index.php/histoire/civilisations-anciennes/hittite

 

Au Luristan, les Mèdes se sont illustré dans la réalisation de mors de chevaux en bronze.  Dès le IIIe millénaire, ils sont fabriqués selon la technique de la cire perdue et décorés de chevaux, d’autres animaux ou d’êtres fantastiques mi-humain mi-animal.

http://www.cliolamuse.com/spip.php?article378

 

En Europe de l’Ouest, des trouvailles de mors de chevaux ont été faites dès les débuts de l’âge de bronze. Les campaniformes sont suspectés avoir introduit cette nouveauté jusqu’à l’extrême ouest de l’Europe.

Les premiers indices montrent une diffusion par l’est, vers 2500 à 2000 av. J.-C., à partir de Csepel Haros, en Hongrie. Dans cette île du Danube, il a été retrouvé des chevaux dans des tombes humaines, des équipements de harnachements et des mors.

( 22 janvier, 2013 )

Histoire de la lampe

La lampe est une très vieille invention qui était connue des égyptiens et des grecs, mais aussi de tous les voisins barbares.

Examinons d’abord les lampes romaines. Sur ces instruments, certains dieux égyptiens avaient leur place, notamment Sarapis, Isis, Harpocrate et Anubis. Les historiens les appellent alors des lampes isiaques :

http://www.editions-monique-mergoil.com/index.html?menu=57509&id=57509&entree=1&c1=2&c2=&produit=53465

Cette pratique existait aussi en Grèce, notamment à Corinthe où un atelier de fabrication de lampes isiaques est certifié. Des lampes à huile décorées de dieux ou déesses d’Égypte ont été retrouvées à Délos, Marathon, Athènes ou Pylos. Cette association était peut-être liée au fait que les Romains et les Grecs admettaient que les égyptiens fussent les inventeurs des lampes à huiles.

Pourtant, en Europe, la lampe existait depuis très longtemps. Mais elle utilisait de la graisse animale comme principal combustible. Aussi, la nouveauté égyptienne a surtout consisté à utiliser un combustible d’origine végétale. On reconnaît là une sensibilité spécifique liée à une certaine sacralisation des corps vivants, qu’ils soient humains ou animales.

En effet, durant le Néolithique, de telles lampes ont été trouvées dans différentes communes de l’Europe de l’ouest, à Vouvray (Indre et Loire), à Coulanges (Allier), à Belet Blazac (Dordogne), à Spiennes en Belgique, …

http://www.dikili-tash.fr/content/chronologie/neolithique/neo_recipients_lampes.htm

D’autres lampes exhumées, notamment celles découvertes dans les grottes du sud-ouest de la France, sont du paléolithique : à Domme, en
Dordogne, dans la grotte du Pilier, à Arcy-sur-Cure, dans l’Yonne, dans la grotte du Cheval, à St-Germain-la-Rivière, en Gironde, …

La première lampe paléolithique identifiée a été découverte par Trémeau de Rochebrune, en 1865, dans la grotte de la Chaire-à-Calvin.

Mais c’est plus d’une centaines de lampes qui ont été retrouvées dans la grotte de Lascaux : les peintres s’éclairaient grâce à ces lampes à
base de graisse animale !

http://www.lascaux.culture.fr/index.php#/fr/03_02.xml

 

( 7 janvier, 2013 )

Histoire de la faucille

Avant les moissonneuses batteuses et la faux, la faucille est l’instrument qui permettait de couper le blé. Les plus anciennes
faucilles étaient dentelées. Elles étaient taillées dans du bois ou de l’os, et leurs dents étaient obtenues par insertion de morceaux de silex, pour former la partie tranchante. Le blé était scié selon un geste précis : une main rassemblait un ensemble d’épis tandis que l’autre sciait au-dessous.

En Palestine, il y a plus de 1200 ans, de nombreuses faucilles ont été retrouvées dans des grottes (notamment celles de Mugharet el Wad, Mugharet el Kebarah et Oumm ez Zoueitina) : elles étaient fabriquées avec une mince lame en os, terminée par un manche légèrement cintré, d’une longueur pouvant atteindre 0,38 m, ayant, sur le bord concave, une rainure permettant l’ajustement des dents de silex, retenues par du bitume.

Cet ancien instrument témoigne des premiers lieux où des moissons ont été effectuées. Les archéologues en ont retrouvé, en conformité avec les dates d’apparition du Néolithique, en Mésopotamie, en Anatolie, en Egypte et en Europe.

Voici les découvertes de faucilles les plus remarquables :

En Mésopotamie, les premières faucilles sont en terre cuite, notamment celles de la culture d’Obeid.

En Anatolie, sur le site de Yazilikaya, près de Hattusha, c’est toute une troupe de 12 divinités du monde de l’au-delà, qui est équipé d’harpès. C’est ainsi qu’on désigne l’instrument proche de la faucille, qui servait d’arme, mais dont la partie active était plutôt sur la courbure externe de l’outil.

Histoire de la faucille dans Un savoir-faire du Néolithique la-demographie-de-lantiquite1-150x150

12 dieux armés de harpès, site de Yazilikaya

Durant l’Egypte des pharaons, le plus grand nombre d’exemplaires a été retrouvé durant les dynasties Hyksos. Des faucilles en bois avec des lames en silex fixées avec de la résine furent placées dans les tombes pour l’au-delà, dès les premières dynasties.

Dans la tombe de Toutankhamon, un tel objet a été retrouvé, d’un format réduit, en bois doré, orné de ses cartouches royaux
indiquant sa date de naissance et ses noms de trône. La lame et les dents sont en verre de couleur.

http://album-photo.geo.fr/ap/album/52367/?pos=24

En 1911, Antoine Héron de Villefosse fit état de la découverte, dans l’île de Chypre, d’une faucille en bronze ayant la forme d’une corne de bouquetin de 91 cm. D’autres découvertes de ce type ont été signalées au Proche-Orient. Ces objets semblent avoir eu un usage uniquement cultuel.

A Ougarit, en 1931, une équipe de fouille française a trouvé de nombreuses faucilles en silex, en décalage avec l’époque, car les faucilles en bronze existaient bien avant la création de la ville.

En Hongrie, à Szegvar, une statue de dieu à la faucille, vieille de 6000 ans, a fait l’objet d’une émission de timbres.

http://www.wnsstamps.ch/fr/stamps/UN310.04

En Gaule, c’est avec un tel instrument que les druides, vêtus d’une robe blanche, allaient couper le gui dans les arbres. De nombreuses faucilles en bronze ont été trouvées partout en France. Elles témoignent d’activité de moissonnage durant l’âge du bronze. Auparavant,
certaines étaient entièrement en pierre polie. Une telle trouvaille a été faite en 1937, à Myon, dans le Doubs.

Datées de la fin de l’âge du bronze, 500 faucilles quasiment neuves ont été trouvées à Briod, dans le Jura. Ce dépôt, ainsi que d’autres en Europe, plus hétéroclites, témoignent d’un commerce important sur les objets en bronze, avec une activité de recyclage des objets métalliques usés.

( 2 janvier, 2013 )

L’utilisation de moulins et leurs meules

Des moulins anciens ne subsistent le plus souvent que leurs meules, réemployées pour divers usages. Aussi l’étude des moulins antiques passe par l’analyse des meules retrouvées, mais aussi par l’étude des carrières de production, appelées meulières.

Tout récemment, Samuel Longuepierre, dans « Meules, moulins et meulières en Gaule méridionale », a réalisé un inventaire des types de moulins du sud de France, ainsi que des principaux lieux de productions de meules. Il montre que l’usage des moulins à eau débute sous l’impulsion des Romains, à partir du premier siècle de notre ère. Quant au moulin à vent, il est apparu bien plus tard, même s’il est fait état, en Perse, de roues rudimentaires fonctionnant à l’énergie éolienne, dès le 7e  siècle avant notre ère.

 

La plus ancienne mention d’un moulin hydraulique est de Vitruve, vers la fin du 1er siècle avant J.C. Ce type de moulin a permis la mutualisation de la production de farine, avec les débuts du métier de meunier.

Les plus anciens moulins à eau ont été trouvés à Avenches, en Suisse. Une analyse dendrochronologique a daté une de ces constructions de la fin du premier siècle de notre ère. Il semble donc que depuis son invention, son utilisation réelle s’est diffusée d’abord là où la force du courant était la plus importante.

http://www.canal-u.tv/video/musee_archeologique_du_jura/les_moulins_hydrauliques_d_en_chaplix_et_des_tourbieres_a_avenches_suisse.8837

Auparavant, les romains utilisaient des moulins actionnés par des ânes, appelés « moulins de type Pompéï ». Car, c’est dans cette ville, figée par l’éruption du Vésuve, qu’on a découvert que chaque boulanger – il y en avait une quarantaine – mettait en œuvre son propre moulin, le plus souvent en utilisant la force des ânes. Leur usage a sans doute été diffusé par les Carthaginois, qui avaient mis au point un modèle proche, mais actionné par deux hommes. Des exemplaires ont été retrouvés à Carthage, en Sardaigne et en Sicile, à Morgantina.

 

Quant aux Grecs, ils avaient développé le moulin dit «  à trémie d’Olynthe », qui procédait par broyage grâce à un mouvement de va et vient. 22 moulins ont été découverts dans l’épave d’un navire au large de Kyrénia, datés de la fin du 4e siècle av. J.-C. L’usage de moulins était donc courant dans le monde grec, au moins depuis le 5e siècle av. J.-C. Les meules plates, le plus souvent ovales, sont souvent les seuls indices de l’utilisation de tels moyens.

http://www.futura-sciences.com/fr/doc/t/geologie/d/meules-meulieres_1412/c3/221/p3/

 

En Egypte ancienne, si la consommation de pain est certaine dès l’Ancien Empire, la transformation du blé en farine reste un mystère. Il n’y a que dans la tombe de Rekhmiré que sont représentées des scènes de fabrication du pain : l’étape de transformation de la céréale en farine semble se réaliser par écrasement à l’aide d’un pilon. L’état des dents des momies laisse à penser qu’un abrasif était ajouté au blé pour faciliter sa mouture.

http://www.museum.agropolis.fr/pages/expos/egypte/fr/pains/index.htm

En Mésopotamie, l’ancienneté des moulins est également un sujet d’interrogation.
La transformation du blé en farine était l’affaire de chaque femme qui disposait d’un moyen manuel propre, sans doute un pilon, ou une meule à main.
Il semble que des villes situées plus au Nord étaient dotées de moyens communautaires dès le deuxième millénaire.

http://www.lefigaro.fr/sciences/2007/08/31/01008-20070831ARTFIG90071-les_villes_du_nord_de_la_mesopotamie_rivalisent_avec_le_sud.php

Jacques Freu et Michel Mazoyer, dans « Les débuts du nouvel empire hittite: Les Hittites et leur histoire » signalent que des captifs rendus aveugle étaient employés dans des moulins, en tant que bête de somme. Des courriers, maintenant traduits, relatent de fuites d’esclaves aveuglés de moulins de la résidence royale, mais aussi d’assignations d’aveuglés à des moulins de ville.

 

En Gaule méridionale, 3 types de meules sont attestés vers le 4e siècle avant J.-C. : des meules à va-et-vient, des meules à trémie d’Olynthe, diffusées par les Grecs, et des meules rotatives manuelles. Dans cette région, trois meulières sont connues pour avoir été actives durant l’âge de fer.

http://histoireetcivilisationdeluzege.blogs.midilibre.com/archive/2010/04/16/les-carrieres-de-meules-de-cantadur-a-saint-quentin-la-poter.html

 

Ailleurs en France, avant notre ère, il n’existait que des meules à usage domestique. Le moulin rotatif manuel se diffuse à partir du 6e millénaire pour certains, à partir du 2e millénaire pour d’autres, vers le 4e siècle avant J.-C. pour les derniers. Bref, on ne sait pas depuis quand. Ses meules font partie des découvertes les plus fréquentes des archéologues.

Le moulin rotatif manuel est caractérisé par l’empilement de deux formes coniques. La partie supérieure est mobile, et évidée en son centre pour permettre le déversement du grain et son écoulement entre les deux meules. L’ajout d’un bras en bois sur la périphérie supérieure externe permet la rotation manuelle.

http://fr.topic-topos.com/moulin-a-bras-gaulois-pont-de-buis-les-quimerch

De telles meules ont été retrouvées en abondances en Mayenne, 200 à Moulay, mais aussi à Ste Suzanne, datées du 6e siècle av. J.-C.

http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Ressources-multimedias/Audiovisuels/Reportages-videos/Reportages-2010/p-9089-L-oppidum-gaulois-de-Moulay.htm

Les chercheurs se sont intéressés aux carrières antiques de production de ces meules. Voici quelques meulières antiques de l’espace celtique, en France :

  • Claix-Chaumes du Vignac, en Charente ;
  • « Les rochers des Balmes », la « Roche Parée » près de « La Molière » et le « Mont Vuan », à Saint-André de Boëge ;
  • les roches de Vouan, en Haute Savoie, vers Fillinges ;
  • La Marèze, vers Saint Martin-Laguépie et Le Riols, dans le Tarn ;
  • les carrières de La Salle, « Les Fossottes », dans les Vosges, à base de rhyolite d’origine volcanique. La carrière semble avoir fonctionnée du 5e siècle avant J.C. jusqu’à la conquête romaine. Elle produisait des meules de moulins à main, mais aussi de meules de type va et vient ;
  • un gisement de rhyolite à Turquestein, qui aurait été exploité vers
    l’âge du bronze.

La meule va-et-vient est la plus ancienne. Elle est aussi la plus simple. Elle consiste en un mouvement d’oscillation d’une meule mobile de forme bombée sur une autre plus plane.

http://www.loire-atlantique.fr/jcms/cg_58701/meule-va-et-vient-avec-sa-molette

( 27 décembre, 2012 )

Histoire de la chaussure

Ötzi, l’homme des glaces, trouvé dans le Sud Tyrol, avait des chaussures en peau de cerf avec des semelles en cuir d’ours. Les lacets étaient fabriqués avec des ficelles d’écorce. Des herbes tressées et une couche de foin, soigneusement glissées à l’intérieur, permettaient d’améliorer le confort et de permettre la marche dans la neige. Ainsi, vers le début du troisième millénaire avant notre ère, l’usage de chaussures est prouvée en Italie du nord.

http://www.hominides.com/html/ancetres/otzi2.php

Neuf autres chaussures ou éléments de chaussures du Néolithique ont été découverts à ce jour en Europe.

Les chaussures sont bien représentées dans des scènes de vie chez les Hittites, les Assyriens, en Inde et en Extrême-Orient. La visite des sites hittites d’Anatolie centrale montre, vers le milieu du deuxième millénaire avant notre ère, l’usage de chaussures à bouts pointus recourbés. Il est difficile de savoir s’il s’agit de chaussures en cuir, de bottes ou de sabots de bois. Dans l’Iliade, Homère évoque des héros portant des bottes à semelles d’airain.

Histoire de la chaussure dans Un savoir-faire du Néolithique chaussures-hittites1-180x300

Chassures hittites, dans scène de sacrifice d’un lion

En Egypte ancienne, les chaussures étaient des sandales. Elles étaient fabriquées avec des lanières de feuilles de palmier ou de papyrus, voire en or pour les pharaons. Mais leur usage au quotidien n’est pas sûr.

Un des objets les plus anciens, la palette de Narmer, montre le souverain pieds-nus en train de châtier un ennemi, suivi d’un personnage plus petit dont la fonction était de porter les sandales du roi.

http://www.narmer.pl/main/palnar_fr.htm

Sinon les Egyptiens sont pieds-nus dans la plupart des représentations de leurs moments de vie. Par contre, au Nouvel Empire, les nobles n’oubliaient pas d’emmener avec eux une paire pour l’au-delà : les Egyptologues rencontrent fréquemment ce complément vestimentaire soigneusement associé à chaque momie.

Curieusement, c’est au musée de Leyde que l’on trouve le plus de statues d’Egyptiens porteurs de sandales. Le plus souvent, le personnage est assis, associé à Osiris, Anubis ou Hathor.

statue-egyptienne-avec-des-sandales-181x300 Chaussures dans Un savoir-faire du Néolithique

Musée de Leyde, statue égyptienne avec des sandales

A Rome, la sandale était un signe distinctif qui différenciait les hommes libres des esclaves puisque ces derniers n’avaient pas le droit d’en porter.

Dernièrement, une importante quantité de chaussures romaines a été trouvée à Vindolanda :

http://decouvertes-archeologiques.blogspot.fr/2017/01/le-butin-de-chaussures-romaines-de.html

 

( 19 décembre, 2012 )

Le filage et les fusaïoles

L’activité de filage, en Suisse et en Allemagne, existe au moins depuis le Ve millénaire avant notre ère. Fabienne Médard est l’auteur d’une thèse sur « les activités de filage au Néolithique sur le Plateau suisse ». Elle montre que le filage était une activité essentiellement féminine, qui devait se faire à la fois sans instrument, en utilisant certaines parties du corps comme la jambe, mais aussi à l’aide de fusaïoles utilisés comme contrepoids. Ce sont ces derniers éléments qui sont les plus présents dans les habitats du Néolithique : de différentes formes, en terre cuite ou en pierre. Elles sont en bronze à partir du deuxième millénaire : il s’agit de l’objet le plus découvert par les chercheurs de trésors.

http://www.cnrseditions.fr/ArcheologiePrehistoire/6287-l-art-du-tissage-au-neolithique-tome-30-fabienne-medard.html

Les matières textiles du néolithique étaient surtout constituées

• d’écorces d’arbres, surtout le tilleul, en majorité ;

• de fibres végétales, essentiellement celles du lin.

Les fusaïoles étaient surtout utiles pour le filage des matières les plus fines, c’est-à-dire le lin, pour augmenter, de façon plus productive, la torsion des fils rassemblés.

Le filage et les fusaïoles dans Un savoir-faire du Néolithique fusaiole1-300x280

Fusaïole en bronze

Il est probable que les différentes matières filées ont constitué différentes natures de vêtements :

• le lin devait déjà être porté pour les sous-vêtements ;

• les écorces d’arbres, plus rêches, devaient être utilisées en complément.

Contrairement à ce que tout le monde pense, la laine de mouton  n’a été exploitée que plus tard : les moutons de l’époque ne disposaient pas de la fourrure actuelle. Leur abondante laine a été obtenue plus tard par sélection de l’espèce.

http://www.museedestempsbarbares.fr/fr/archeologie-experimentale/tissage.html

http://netmadame.free.fr/culture/franck/le_lin/index.htm

http://patrimoine-seixois.fr/Presentation-des-traditions-et-coutumes/exposition-le-lin.html

 

 

( 5 décembre, 2012 )

Le commerce de l’ambre

Appelé «larmes des dieux», l’ambre est un matériau auquel certaines civilisations attribuaient des vertus magiques : les sœurs de Phaeton versèrent des larmes d’ambre lorsque ce dernier tomba dans l’Eridan, le fleuve des Enfers, après avoir perdu le contrôle de son attelage, qui tirait le chariot de son père Hélios, dieu du Soleil.

Au milieu du deuxième millénaire avant notre ère, des tombes de Syrie, de Grèce ou d’Égypte contenaient de nombreux objets précieux travaillés à base de cette résine fossile. Ainsi à Qatna, durant les fouilles du site, une petite tête de lion a été identifiée comme étant réalisée dans un ambre jaune de la côte balte. L’épave d’Uluburun, découverte vers Kas, au sud-ouest de la côte anatolienne, transportait quelques perles d’ambre. A Mycène, ce sont des colliers d’ambres qui côtoyaient des objets en or. Dans la tombe du pharaon Toutankhamon, plusieurs pendentifs ont été trouvés faits d’or, de turquoise et d’ambre jaune.

 

Le commerce de l’ambre dans Un savoir-faire du Néolithique toutankhamon-pen-102x300

Penditif trouvé dans la tombe de Toutankhamon

 

Les hiéroglyphes du temple de Karnak et le papyrus médical de Londres mentionnent sans doute l’ambre sous le vocable «Skr», probablement en lien avec le dieu Sokar, patron des orfèvres.

Il a été démontré que l’ambre égyptien provenait de la Baltique. Et donc des opérations commerciales s’opéraient entre le Nil et la mer du nord de l’Europe.

 

A Savognin, en Suisse, dans une forteresse de l’âge du bronze, des colliers en perles d’ambre, similaires à ceux de Mycène, y ont été trouvés.

Les récentes fouilles du site de Bernstorf, en Allemagne, ont exhumé de nombreux objets en or et en ambre. L’or était façonnée de façon identique à ce qui se faisait à Mycène, probable plaque tournante du commerce avec le sud de la Méditerranée.

 

Ces découvertes confirment que la route de l’ambre passait par la Grèce et traversait la Bavière.

http://germanie.wikidot.com/la-route-de-l-ambre

 

( 2 décembre, 2012 )

L’utilisation de la roue et de chars

En France, l’âge du fer se caractérise, notamment, par de nombreuses sépultures accompagnées de chars. Cette coutume proviendrait de Bavière, car des tombes à char plus anciennes y ont été exhumées. Les premières tombes gauloises apparaissent dans le nord-est de la France au VIe siècle.

Mais quelles sont les plus anciennes utilisations des véhicules à roues ?

Le Pot de Bronocice, en Pologne, montre un dessin de chariot. La céramique support a été datée, grâce au carbone 14, vers 3 500 avant notre ère.

http://bronocice.blogspot.fr/

Retrouvée dans un marais, près de Lubjiana, une roue pleine a été datée autour de 3 100 avant notre ère.

La culture de Cucuteni-Tripolye, sur le territoire des pays actuels d’Ukraine et de Roumanie, est à l’origine des plus anciens chariots utilisés, vers les environs de 3 000 avant notre ère.

En Mésopotamie, l’étendard d’Ur montre des guerriers sur des chariots. Il s’agit d’une peinture sur un coffre de 2 600 avant notre ère. Les chariots ont deux essieux et quatre roues pleines. Ils sont tirés par des bœufs.
Sur chaque char, un équipage de deux soldats montre une répartition claire des fonctions : l’un dirige les animaux à l’aide de rênes, tandis que l’autre est armé d’une lance. Le char est équipé d’un carquois qui contient des javelots.

http://www.college-edouard-queau.fr/images/Image/File/histoire-g%C3%A9o/%C3%A9tendard%20d’Ur.pdf

Moins connues, mais pourtant tout aussi étonnant, les plus anciennes tombes à chars ont été trouvées en Mésopotamie. Sur le site d’Ingharra, lieu aujourd’hui majoritairement admis comme étant celui de Kish, environ deux cents tombes ont été fouillées, six comprenaient des chars ou des roues de char. Les datations de ces tombes sont incertaines. Toutefois les premières semblent être du DA II, c’est-à-dire autour de 2800-2700 avant notre ère.

En chine, les plus anciennes tombes à char de Chine ont été découvertes en 1933 à Hougang, dans le centre de la province d’Henan, et datent du règne de Wu Ding, de la dynastie Yin vers 1200 av. J.-C. Mais il semble que les chars à roue étaient connus en Chine dès le XVIIe siècle avant notre ère. Un apport de populations indo-européennes semble être à l’origine des véhicules à roues en Chine.

Les Hittites combattaient à l’aide de charriots.

Aujourd’hui, il est majoritairement admis que ce savoir-faire est né en Mésopotamie. Pourtant, les plus anciennes mentions sont européennes.

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