( 1 juillet, 2013 )

Histoire des glacières

Autour de la méditerranée, l’utilisation de glacières s’avère de plus en plus probable dès l’antiquité, et cela depuis très longtemps :

http://www.archeo-vence-grasse.com/archeologie_vence_pages/glacieres.htm

http://adld.wikispot.org/Les_glacières

Déjà, dans les plus anciens textes hittites se trouve une mention de transport de glace. Un dénommé Puhanu, qui se déclare serviteur de Sarmassu, à priori contemporain du roi Hattusili I, a été soumis à un joug – transporter de la glace dans un panier et livrer bataille jusqu’à la destruction du pays ennemi – car il avait conduit sur un âne un « opposant ».

L’antériorité la plus sérieuse apparaît sur les tablettes cunéiformes de Mésopotamie du Nord. Dans «Les documents épistolaires de Mari», tome I, présentés et traduits par Jean-Marie Durand, se trouve un chapitre sur la construction et l’utilisation de glacières dans les villes de Mari, Terqa et Saggaratum, vers les premiers siècles du 2e millénaire avant notre ère.

Le mot « suripum », longtemps traduit par minerai de cuivre, s’avère être celui qui signifie « glace ». Ce n’est qu’avec cette interprétation que la tablette III129 prend tout son sens : il s’agit d’une demande de transport de glace suite à la défaillance du local de stockage ; la personne pressentie pour la réalisation de ce travail fait remarquer que celle-ci est déjà en train de fondre et qu’il risque de ne plus en avoir à l’issue du transbordement.

Trois autres tablettes (XII 122 ; XIV 25 et XIII 121) évoquent la construction d’une glacière (en littérale, « bit suripim », une « maison de la glace »).

( 25 juin, 2013 )

Histoire du torque

Le torque est un objet de parure qui était porté autour du cou. Il est formé d’une épaisse tige métallique ronde, généralement terminée en boule à ses deux extrémités, plus ou moins travaillée. Le corps du collier n’est pas toujours entortillé : mais le degré d’entortillement est révélateur d’une époque de production. Les métaux utilisés sont l’or, le bronze, et le fer chez les Celtes vers la fin du Ier millénaire avant notre ère.

Probablement que ceux qui portaient cet objet voulaient montrer un certain statut, proche de ce qui s’est appelé, au moyen-âge, la noblesse.

Les plus anciens torques proviennent de la côte du Levant : d’Ougarit, de Byblos et du  Tell Sougha. Ce dernier site se trouve au Liban, dans la vallée de la Bekaa, à proximité de Laboué. Ces torques sont en bronze, ils ont été datés de la fin du 3e millénaire  avant notre ère et du début du 2e. Ils ont été trouvés avec des outils, des poignards triangulaires, des épingles et des bracelets.

http://www.ras-shamra.ougarit.mom.fr/pratiquesfuneraires.html

D’après A. Schaeffer, un torque du début de l’âge du bronze associé à un poignard triangulaire, trouvés à Haguenau, montrent incontestablement des points communs avec les objets du Levant. Des trouvailles similaires en Hongrie, en Bohême, en Autriche, en Allemagne du Sud et en Suisse ont permis à J. Briard, en 1957, d’écrire que probablement les porteurs de torques de Syrie-Palestine sont venus en Europe à la recherche de minerais. Les analyses effectuées sur les trouvailles européennes ont montrées que la plupart des torques ont été fabriqués avec des matières premières locales.

Par la suite, vers la dernière partie du deuxième millénaire avant notre ère, ce sont des torques en or qui sont trouvés en Europe de l’Ouest : à Bodonal de la Sierra, Badajoz en Espagne ; à Cressé, en Charente-Maritime, de 620 grammes ; à Pual-en-Cesson, en Ile et Vilaine ; à Fresné-la-Mère, Calvados ; à Flamanville dans la Manche ; à Carcassonne ; à Jaligny-sur-Besbre, dans l’Allier ; à la Chaussée des Géants en Irlande ; et aussi dans les îles Britanniques à Jersey, Tiers Cross, Llanwrthuwl,  Pembrokeshire, …

http://www.artfund.org/what-we-do/art-weve-helped-buy/artwork/2837/three-bronze-age-torcs

Le torque se diffuse à plus grande échelle en Europe à partir de la période de Hallstatt, entre 850 – 450 av. J.-C. Il devient alors un marqueur celte, accompagnant couramment les défunts dans leur sépulture, autant pour les hommes que pour les femmes.

( 10 juin, 2013 )

Histoire de la traduction

En Égypte, dès le troisième millénaire avant notre ère, au niveau d’Éléphantine, là où les Égyptiens côtoyaient les Nubiens, des interprètes nous sont connus par le titre de « Chef des interprètes » : Heqaib sous Pépi II, Ânkhtyfy sous la 10e dynastie, …. Le plus célèbre est Herkouf qui, dans sa tombe, relate plusieurs expéditions au pays de Yam, sous la 6e dynastie.

Dans la Grèce antique, il est étonnant de constater que l’apprentissage des langues étrangères n’était pas une priorité. Les Grecs étaient si convaincu de leur supériorité qu’ils laissaient aux étrangers l’apprentissage du Grec afin de servir d’interprètes ou de traducteurs.

Vers 400 avant J.-C., le satrape perse Tissapherne a envoyé un message à Sparte par l’entremise d’un interprète Carien, appelé Gaulitès, qui, en plus de sa langue maternelle connaissait le Grec et le Perse. Le message était oral, suivant une tradition qui devait exister depuis très longtemps : les messagers interprètes devaient apprendre par cœur le texte de l’expéditeur.

Hermès était le dieu des interprètes messagers :

http://www.antiquite.ac-versailles.fr/mercure/hermes.htm

Dans ses campagnes asiatiques, Alexandre le Grand utilisait des interprètes perses, sogdiens, hyrcaniens ou indiens.

Seul exception, les Grecs qui avait une occupation liée au droit et à l’administration : ceux là apprenaient le Romain.

Les premières traductions écrites faites en équipe ont concerné des textes religieux, notamment la Version des Septantes. Le fondateur de la bibliothèque d’Alexandrie, Ptolémée II Philadelphe, demanda des traducteurs aux juifs installés en Alexandrie. Mais ils ne connaissaient que le Grec. Aussi ces derniers durent faire une demande au grand prêtre de Jérusalem pour obtenir soixante douze savant juifs qui maîtrisaient à la fois l’Hébreu et le Grec.

Les Romains les plus érudits connaissaient le Grec. Mais pour les autres langues, les Romains ont adopté la même attitude que les Hellènes : ils laissaient les pays barbares apprendre le Romain. Mieux, ils demandaient aux nobles des pays voisins de faire venir leurs enfants à Rome pour leur éducation en latin.

Tite-Live raconte que, lors de l’invasion de Rome par les Gaulois, en 390 avant J.-C, un chef gaulois envoya un interprète afin de provoquer en duel un capitaine romain.

( 3 juin, 2013 )

Histoire du rasoir

A l’exception de la barbe postiche, l’ensemble des pharaons de l’Égypte antique ont été représentés imberbes : ils se rasaient au moyen d’un rasoir en cuivre qui ressemblait à une petite hache.

http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=obj_view_obj&objet=cartel_4878_6058_e003537.001.jpg_obj.html&flag=true

Il semble que l’homme préhistorique se soit rasé très tôt, avec les moyens naturels tels que des coquillages et des éclats de silex. Les premiers rasoirs fabriqués exclusivement pour l’élimination des poils du visage, mais aussi du corps, proviennent donc de l’âge du cuivre et du bronze.

Dans l’Iliade, l’expression «leur sort à tous est sur le tranchant du rasoir» montre que cet objet était déjà commun en Grèce vers la fin du 2e millénaire avant notre ère.

En Crète, daté du 14e siècle avant J.-C., un rasoir en bronze a été retrouvé en même temps que les restes humains dans le sarcophage d’Aghia Triada.

En Europe, de nombreux restes de rasoirs de l’âge du bronze ont été retrouvés. Il s’agit le plus souvent d’une lame de bronze semi-circulaire dotée d’un manche sur le milieu.

http://reichshoffen.free.fr/Comple/Reichshoffen/Prehistory.html

http://razorland55.free.fr/pleine_lune.htm

Voici un exemplaire de la fin de l’âge du bronze du musée archéologique de Dijon :

Rasoir de l'âge du bronze

Rasoir de l'âge du bronze du Musée archéologique de Dijon

Selon Tite-Live, le rasoir aurait été introduit à Rome au 6e siècle avant J.-C. par Tarquin le Superbe, septième et dernier roi légendaire de Rome. Mais en fait, les fouilles archéologiques de Toscane ont monté que les Étrusques utilisaient cet instrument depuis plus longtemps. Dans leurs tombes, il se trouve avec divers autres objets de la vie quotidienne : épingles, fibules, instruments de filage …

http://sarrussophone.canalblog.com/archives/2009/03/06/12840860.html

( 22 mai, 2013 )

Histoire du sceau

Voilà un savoir-faire de l’antiquité qui reste quelque peu énigmatique : c’est celui de la fabrication et de l’utilisation de sceau.

A quoi servait-il ? A identifier le possesseur d’un objet sur lequel le sceau a été apposé, certes ! Surtout, il avait pour principale fonction de déléguer cette prise de propriété, en mettant l’objet entre les mains d’un administrateur de domaine qui apposait la signature du maître. Elle est le symbole d’une concentration de richesses à quelques propriétaires.

En Mésopotamie, ils apparaissent vers 4000 avant J.-C. sous la forme de sceaux-cylindres : l’imposition du sceau s’opère en roulant le cylindre sur lui-même. Dans cette contrée, cette méthode de scellement a perduré pendant plus de 4 millénaires.

http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/sceau-cylindre-dibni-sharrum

Les fouilles de palais de Mari, Ougarit, Alalakh ont montré une utilisation des sceaux à des fins administratives, le plus souvent écrits en cunéiforme akkadien, durant le deuxième millénaire avant notre ère. A Ebla, c’est dès le troisième millénaire que l’usage est prouvé : le sceau était apposé avant la cuisson des céramiques retrouvées.

http://www.mcq.org/syrie/c2_gp_sceau29.htm

La civilisation de la vallée de l’Indus a développé son type de seau en forme de cachet : c’est le plus souvent une représentation
animale dans un carré.

En Crète, et plus globalement en mer Egée, les premiers sceaux sont datés de 2200 avant notre ère : ils représentaient des
animaux tels que le chat, l’araignée …

Au millénaire suivant, y apparaissent des bateaux :

http://marine.antique.free.fr/navgrsc03.php

En Egypte, c’est l’apposition de sceaux qui a permis d’identifier les premiers pharaons, notamment, près d’Abydos, la tombe de Narmer. 

Au Nouvel Empire, les sceaux égyptiens étaient rectangulaires, écrits en hiéroglyphes :

http://www.petitstresorsegyptiens.com/collection/amulettes/sceaux/index.html

Les Romains ont développé le sceau porté comme une bague au nom d’annulus.

Pour en savoir plus, visitez le musée du sceau :

http://musee.sceaualsacien.pagesperso-orange.fr/index.html

( 7 mai, 2013 )

Histoire du testament

La transmission du patrimoine à sa descendance a toujours été recherchée par les hommes possédants quelques biens. Afin de la garantir, des testaments ont été mis par écrit très tôt. Des textes cunéiformes trouvés sur différents sites de Syrie et de Mésopotamie montrent que les scribes ont été sollicités pour graver de tels actes sur des tablettes.

Voici quelques exemples trouvés dans l’antique ville d’Emar, vers 1300 avant notre ère.

Gumassi, fils d’Atawa, a partagé ses biens entre sa femme et ses trois enfants. Mais dans cette société masculine, il n’était pas admis qu’une femme passe devant un héritier mâle. Pour contourner cette difficulté, il déclare au préalable qu’il fait son épouse « père et mère » de sa maison. Deux sceaux et cinq témoins garantissent l’acte.

Dagan-kabar, fils de Milki-Dagan a rédigé un testament similaire, mais en plus, il a ajouté une clause pour obliger ses enfants à entretenir leur mère jusqu’à la fin de ses jours : « ils devront l’honorer, et après que son destin l’aura emportée, mes trois fils pourront se partager à égalité ses biens. Quiconque parmi mes trois enfants n’entretiendrait pas son père et mère devra poser son vêtement sur le tabouret et pourra aller où il lui plaira. »
Bien sûr, dans ce dernier cas, le fils de peut plus exiger de part d’héritage.

En résumé, à cette époque, comme aujourd’hui, des règles de successions traditionnelles s’appliquaient aux habitants, selon les lois de la ville. Celui qui souhaitait d’autres clauses rédigeait un testament.

Tout récemment, sur le Tell Tayinat, dans la vallée de l’Oronte, des archéologues canadiens de l’université de Toronto ont exhumé un document testamentaire datant de 670 avant notre ère. Il s’agit d’un traité, entre le roi assyrien Esarhaddon et des états vassaux, établit à la fin de la vie du roi assyrien, afin de faciliter la succession du trône et ainsi d’éviter les violences qui s’étaient produites à la génération précédente, quand son père avait été assassiné par un de ses frères.

http://www.histoiredelantiquite.net/archeologie-proche-orient/peuples-de-la-mer-et-neo-hittites-au-pays-de-palistin/

Les Egyptiens, les Grecs et les Romains avaient plutôt, en ce domaine, une pratique dite du « discours sacré » : celle des dernières volontés exprimées oralement devant des témoins. Mais la montée en puissance de Rome vis à vis des dépendances grecs s’est réalisée en partie par des lègues testamentaires gravés par leur auteurs, ceux effectués par Ptolémée Evergète II, Attale III et de Nicomède IV.

Toutefois, à Rome, à partir du 1er siècle de notre ère, le droit prétorien a amélioré le principe du testament en admettant sa validité pourvu qu’il ait été rédigé sur tablettes et que celles-ci portent les sceaux de sept témoins.

Pour en savoir plus sur l’évolution du droit romain sur le testament :

http://www.testamentum.fr/

( 21 mars, 2013 )

Histoire de l’écriture

L’antiquité débute avec l’écriture. Aujourd’hui nous considérons que ce sont les Égyptiens qui, les premiers, ont mis au point un système d’écriture hiéroglyphique qui a perduré environ 3500 ans.
Toutefois, leurs écrits relatent que c’est Thot qui leur a apporté ce savoir-faire. Et que le principal livre de ce dieu était entreposé à Khemenu ou Khéménou, (ou Héliopolis) notamment d’après l’aventure de Satni Khaemouaset (ou Khamoïs) et les momies. D’après cette légende, l’accès au lieu s’avère difficile. Il nécessite l’usage d’un bateau en mer et une escale à Kept. Maspero, un des premiers traducteurs de ce conte, avec ses contemporains, ont pensé que Kept était Coptos. Pourtant, c’est Gebtiou qui est la
désignation antique certifiée de Coptos.

http://www.thotweb.com/encyclopedie/lecon1.htm

Les fouilles archéologiques de Crète nous ont fait connaître plusieurs écritures, dont deux de type hiéroglyphique.

http://fossilesvestiges.free.fr/HieroglypheCretois.htm

 

Le système d’écriture cunéiforme a perduré, quant à lui, environ 3200 ans, dans le Sud-Est méditerranéen et au Proche Orient. Il a servi à écrire différentes langues, notamment le Sumérien, l’Akkadien, l’Elamite, le Hourrite et le Hittite. Il s’est imposé comme base « internationale » au deuxième millénaire avant notre ère.

 

Pour ce qui est du système d’écriture chinois, la tradition veut que les caractères aient été inventés par Cang Jie vers 2750 av. J.-C., à partir de l’observation de la nature.

 

Mais d’autres traces de systèmes d’écritures existent dans d’autres régions du monde. Celles d’Europe, qui sont sans doute les plus anciennes, ont été trouvées à Tartaria, Gradeshnitsa et à Dispilio (Kastoria) :

http://www.wikistrike.com/article-les-tablettes-de-tartaria-65810345.html

http://www.institutet-science.com/en/gradeshnitzae.php

http://archaeologynewsnetwork.blogspot.fr/2012/07/prehistorc-tablet-calls-into-question.html

De nouvelles trouvailles pourraient confirmer cette écriture, et ainsi repousser la date de début de l’antiquité.

( 14 mars, 2013 )

Histoire du dé à jouer

Sur plusieurs sites de la civilisation de l’Indus, notamment à Mohenjo-Daro, ont été trouvés des dés à jouer datant de 2 400 avant notre ère. Certains sont identiques à ceux d’aujourd’hui, avec les six faces du cube ayant de 1 à 6 petits trous.

Très tôt, les indiens ont été des joueurs de dés. Des mentions apparaissent dans des textes sacrés de l’Inde. Les Védas leur consacrent un hymne, « les lamentations du joueur de dés », et le Mahabarata, la grande épopée hindoue, prend comme prétexte initial la défaite aux dés d’un prince qui perd tous ses biens. 

Les Grecs utilisaient cet objet pour la divination, mais aussi pour divers jeux, à tel point qu’ils pensaient que les dés avaient été inventés chez eux : selon Sophocle, ils auraient été créés par le héros Palamède, lors du siège de Troie. Un dé à jouer a effectivement été trouvé dans la couche archéologique Troie VI.
Certains vases grecs montrent des héros de la célèbre guerre en train de jouer à l’aide de ces cubes numérotés.

http://haar.hautetfort.com/archive/2007/06/02/ceramique-achille-et-ajax-jouant-aux-des-exekias.html

 

Les Étrusques avaient les mêmes dés à jouer. C’est grâce à eux qu’on connaît les six premiers chiffres de leur langue, car ils étaient écrits sur le cube exactement aux mêmes positions que les dés modernes : un face à six, deux face à cinq, trois face à quatre.

Les Romains étaient aussi d’importants utilisateurs. En voici quelques uns retrouvés sous les cendres de Pompéi :

http://www.photo.rmn.fr/LowRes2/TR1/MCS4GY/02-000207.jpg

 

En Gaule, cet objet a été trouvé sur des sites de la Tène, par exemple dans les grottes sépulcrales des Alpilles à Saint-Rémy de Provence.

( 1 mars, 2013 )

Histoire de la fabrication du verre

Le verre existe à l’état naturel. Il entre dans l’élaboration des objets de parure dès les plus anciens temps.

L’épave d’Ulu Burun, vers 1350 avant notre ère, a révélé l’existence de ligots de verres, de couleur bleu turquoise et lavande, sous forme de disque ou de tronc de cône.

http://picasaweb.google.com/114518466744786112946/UluBurun#5473782230620750802

 

Mais les premiers objets fabriqués en verre datent du IIIe millénaire avant notre ère.  Ainsi H. Frankfort a signalé un fragment de baguette en verre, trouvé à Eshnuna, qui daterait de 2500 avant J.-C. Il faut savoir que c’est à partir de cette forme, la baguette, que les artisans du verre font leur création, notamment à Murano près de Venise. Aussi les  baguettes de verre trouvés en Mésopotamie sont des preuves d’un travail organisé de cette matière.

http://www.ethnologie.culture.fr/verre/inventionverre/frise/index_xht.html

 

En Égypte, dans la tombe de Thoutmosis III, vers 1450 avant J.C., on a trouvé de petites bouteilles et des gobelets fabriqués selon la technique du moulage. Certains historiens considèrent cependant que ces premières fabrications d’Égypte sont celles d’un artisan syrien capturé par Thoutmosis III. Les lettres d’Amarna évoquent une fabrique de verre en Syrie. Mais attention, certains objets dit anciens d’aujourd’hui peuvent être des faux : il n’y a pas de moyen connu de datation de cette matière.

http://culturesciences.chimie.ens.fr/content/la-tete-egyptienne-en-verre-bleu-du-louvre-la-decouverte-dun-faux-926

 

En Europe de l’ouest, l’âge du bronze se caractérise par la trouvaille de nombreuses perles en verre dans les sites archéologiques. Très tôt, les historiens ont attribué ce commerce aux Phéniciens. La légende dit que le secret de fabrication de ce vert bleu  a été trouvé par accident sur les rives du Sihor Libnat. Cette industrie aurait contribué aux richesses de Sidon.

Les Étrusques savaient souffler le verre.  Mais cette technique de travail du verre est réputée avoir été inventée par les Babyloniens vers 250 avant notre ère. Les Étrusques sont sans doute à l’origine d’une deuxième vague de commerce d’objets en verre dans l’ouest de l’Europe.

C’est surtout à la fin du premier âge du Fer, vers le 4e siècle avant notre ère, que l’on trouve des parures ou bracelets fabriqués en verre, notamment à Vix (Côte d’Or) et en Lorraine, à Metz, Mondelange,  Liverdun.

( 15 février, 2013 )

Histoire de l’arpentage

Ce qui surprend lorsqu’on visite des ruines d’anciennes villes romaines c’est l’utilisation de la ligne droite dans l’architecture : les rues sont droites et se croisent à la perpendiculaire, les terrains des maisons y sont alignés, souvent de même surface.

http://www.archeogeographie.org/index.php?rub=arpentage/romain/chouqfav2

Dans cet ouvrage, on apprend qu’à la fin du Ier siècle après JC, les arpenteurs romains ont entrepris une vaste opération de révision cadastrale et fiscale qui les a conduits à rédiger des instructions et des traités.

Comme de nos jours, la surface était une des bases de calcul des taxes : aussi Rome exigeait une extrême rigueur sur l’arpentage.

D’où les romains tenaient-ils ce savoir-faire ?

 

Les Gaulois avaient des connaissances pratiques. En effet, le mot « arpentage » provient du gaulois « arapennis » qui était une mesure agraire surtout utilisée pour mesurer les surfaces de bois et de vignes. Mais les unités de mesure, comme celles des distances, étaient différentes d’une commune à l’autre. Cet état de fait a perduré jusqu’à la révolution française.

 

Les Grecs ont laissé de nombreux traités de géométries, mais peu d’éléments pratiques sur l’arpentage. Dans « Métriques », Héron d’Alexandrie est l’exception. Mais il s’est sans doute appuyé sur les connaissances égyptiennes puisqu’il habitait Alexandrie.

Le papyrus de Rhind, daté du XV 15e siècle avant notre ère, montre les connaissances  en géométrie et en arpentage des Egyptiens. On y trouve des règles pour mesurer les surfaces et les volumes du rectangle, du triangle, du cercle et de la pyramide. Hérodote nous dit que ces connaissances étaient indispensables pour mesurer les surfaces car les bornages se trouvaient déplacés par les crues du Nil.

Pourtant des stèles-bornes ont été retrouvés. Une stèle d’une donation à Ahmosis est ainsi stipulée : « Limite sud et est du terrain donné au roi Nebpehtyré, fils charnel de Ré, Ahmosis, doué de vie éternellement. Un bâton de corde lui est offert ». Christophe Barbotin, dans « Ahmosis et le début de la XVIIIe dynastie », précise : le « bâton de corde correspond à une distance de 100 coudés, soit 52 mètres.

Il s’agit sans doute de l’instrument évoqué dans l’article donné par le lien ci-dessous :

http://users.skynet.be/emborneur/histoire1.html

Mais d’autres peuples avaient des connaissances avancées sur le sujet. Dans «Histoire politique du royaume d’Ugarit», Jacques Freu mentionne qu’à plusieurs moments de l’histoire de ce royaume, un «Ouriyannu» a été chargé d’établir des frontières. Il y a tout lieu de croire que des hommes se sont spécialisés dans l’activité d’arpenteur.

L’histoire de la Mésopotamie montre toute l’évolution des pratiques sur le sujet, notamment lors de l’établissement des contrats de vente. Aux premiers temps, les tablettes décrivent des localisations des champs. Puis apparaissent des ébauches de plans, avec des descriptions cunéiformes. A partir de 2100 avant notre ère, les plans et les descriptions se font plus détaillés. Les actes de vente de champs comportent en plus leur mesure. Les textes les plus précis précisent les mesures des côtés et les propriétaires des parcelles voisines. Les calculs de superficie se faisaient en adaptant la forme réelle à des formes géométriques faciles à calculer : un rectangle pour la plus grosse partie centrale, et les compléments étaient assimilés à des triangles. Le métier d’arpenteur, avec l’utilisation de cordes, apparaît vers 2000 avant notre ère.

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