( 2 janvier, 2017 )

Histoire de la profession de notaire

Morgens Trolle Larsen publie en plusieurs volumes les archives de la famille Salim-Assur. Il s’agit d’un important marchand assyrien des débuts du deuxième millénaire avant notre ère qui avait deux fils et deux filles. Ses nombreuses tablettes ont été trouvées à Kanesh dûment rangées en plusieurs conteneurs. Elles font apparaître qu’à son décès ses principaux fournisseurs se sont retournés vers ses enfants pour réclamer le paiement des dettes en cours. Si les courriers qui suivirent montrent d’abord une solidarité entre eux, rapidement le frère cadet s’est désolidarisé et à fait pesé toute la charge de la succession sur son aîné.

Un notaire, de nom Ababa, a alors été désigné à Assur pour dénouer les encours financiers. Certaines des tablettes retrouvées correspondent aux enregistrements des différentes déclarations des héritiers rédigés par l’administratif. Déjà y apparaît une rigueur factuelle qui est une des caractéristiques du métier. Ainsi, on y apprend qu’initialement, à Kanès, le notaire souhaitait simplement emmener les deux fils à Assur pour qu’ils rendent compte et remboursent les créanciers, mais un des fils a plaidé pour un déplacement à Durhumid, là où Salim-Assur traitait la majorité de ses affaires et là où il est décédé en présence de son frère cadet. Après de premiers refus de l’administratif, et après avoir emmené les héritiers à Assur, le notaire a dû fortement s’impliquer dans les affaires de la famille – des notes de ses frais dans différents villes d’Anatolie apparaissent dans les archives – jusqu’à provoquer une dépression de l’aîné et probablement son décès.

 

Le notaire apparaît comme ayant un rôle d’officier pour le compte d’Assur. Sa tâche s’est trouvée fortement complexifiée de par les distances entre les villes et en conséquence les délais particulièrement longs de dénouement des affaires.

Voilà l’exemple trouvé dans les archives de Kanesh.

 

Georges Sylvestre dans « Les notaires, de l’antiquité à nos jours » évoque les «Tabellions» comme ayant ce rôle dans la Rome antique. Ils avaient ce nom car ils étaient chargés d’effectuer les « enregistrements » sur tablette de la même manière que les marchands assyriens 2000 ans auparavant.

http://www.erudit.org/revue/cd/1955/v1/n2/1004084ar.html?vue=resume

Il mentionne qu’avant les Romains, Aristote, au 4e siècle avant notre ère, en Grèce, considérait que les officiers publics chargés de la rédaction des contrats existaient chez tous les peuples civilisés.

 

En Égypte, les actes sous seing privé les plus anciennement attestés étaient des contrats à six témoins appelés hexamarturos. A l’époque ptolémaïque, il apparaît qu’une femme grecque pouvait conclure des contrats de différentes manières : en recourant aux pratiques grecques ou aux pratiques égyptiennes ; par des actes rédigés sous seing privé ou par des actes authentiques de type notarial, c’est à dire par des officiers grecs appelés « agoranomiques ».

( 1 novembre, 2016 )

Histoire des associations commerciales

Cécile Michel dans « Innaya dans les tablettes paléo-assyriennes » évoque la découverte, sur la colline de Kültepe, l’ancienne Kanès, de tablettes du début du 2e millénaire avant notre ère, formalisant la création d’associations de marchands afin d’effectuer des opérations commerciales.

La tablette BIN VI, 214 concerne une déposition de personnes physiques réunissant leurs efforts dans le but de faire l’acquisition et le commerce de « fer météoritique ». En Mésopotamie, le code de Hammurabi traite de ce type d’association où les protagonistes se partagent à parts égales le profit ou la perte qui surviendra.

Un « Innaya » y apparaît être le principal financeur. Ses associés prétendaient savoir où trouver le métal convoité, apparemment au cœur de l’Anatolie, alors que les autorités locales interdisaient de faire commerce de ce « fer météoritique ». Différentes autres tablettes racontent les péripéties rencontrés par les aventuriers, alors que leurs objectifs, après avoir été repérés par les locaux, n’apparaît pas avoir été atteint.

 

Claire Hasenohr dans « Etrangers dans la cité romaine » décrit deux associations phéniciennes opérant à Délos : les Poséidoniastes de Bérytos et les Héracléistes de Tyr. Elles avaient une triple vocation : professionnelle, religieuse et culturelle. Elles avaient besoin d’être autorisées par le pouvoir Grec, de la même façon que les associations italiques.

C’est sans doute depuis l’époque des marchands assyriens que le principe des associations a été pratiqué par les Phéniciens, les Grecs d’Asie Mineure, puis par les Romains pour les opérations de banque, ou pour le fermage des impôts ou les fournitures des armées.

( 28 avril, 2016 )

Histoire de l’alphabet moderne

La majorité des ouvrages qui traitent de ce sujet nous disent que les bases de notre alphabet proviennent des Phéniciens. Toutefois ces derniers ne connaissaient que les consonnes. Les marchands phéniciens l’ont diffusé dans le monde méditerranéen où il a évolué et a été assimilé par d’autres cultures, notamment celle des Grecs. Ces derniers ont changé la valeur de certaines lettres pour représenter les voyelles.

http://caracteres.typographie.org/histoire/alphabet.html

Aussi, les premiers écrits grecs à partir de l’alphabet moderne ne peuvent dater que du début du dernier millénaire avant notre notre ère. En effet, la plus ancienne inscription phénicienne est l’épitaphe d’Ahiram, sur un sarcophage. Elle est datée d’environ 1200 av. J.-C.

Mais les Grecs, au cours de leur histoire ancienne, ont changé leur façon d’écrire, car maintenant nous savons que le linéaire B était du Mycénien, et qu’il s’agit d’une langue grecque archaïque écrite à l’aide d’environ 87 signes syllabiques où les « voyelles » sont combinées à des « consonnes », en cela, ce n’était pas très éloigné, dans le principe, des hiéroglyphes égyptiens. Mais certaines lettres du linéaire B peuvent apparaître comme des ancêtres des lettres de l’alphabet grec moderne.

L’ancienneté du linéaire B est controversée, toutefois plusieurs découvertes font apparaître une existence durant une bonne partie de l’âge du bronze:

En Égypte, au Fayoum, à environ 90 km du sud du Caire, sur le village de El-Lahoun, des ruines furent fouillées à la fin du 19e siècle par Pétrie. Il y a trouvé des poteries qualifiées d’étrangères ou égéennes, mêlées à des déchets égyptiens datables de la 12e dynastie. Il y a observé des caractères proches de ce qui a été trouvé sur les plus anciens sites mycéniens :

http://www.reshafim.org.il/ad/texts/kahun/plate27.htm

Mais, depuis, d’autres traces d’écritures mycéniennes confirment leur précocité :

http://www.actu-histoireantique.com/article-decouverte-de-la-plus-ancienne-trace-d-ecriture-europeenne-une-tablette-mycenienne-du-xv-xiveme-siecle-70817630.html

 

N’y a-t-il pas eu une influence du linéaire B sur l’alphabet moderne grec ou sur l’écriture phénicienne ?

( 16 février, 2016 )

Histoire du tissu

En Égypte, à la fin du 19e siècle, Pétrie a fouillé le site de Kom Medinet Ghurob où il a trouvé un papyrus mentionnant Maathorneferure, connue par ailleurs sur une stèle comme étant une fille du roi hittite Hattusili III, mariée à Ramsès II. Une présence étrangère est confirmée par des céramiques Cananéenne, Chypriotes et Mycéniennes ainsi que par 17 tombes qui ont livré des vêtements en lin tissés, dont certains était décorés de bandes bleues claires qui rappellent les couleurs royales du moyen âge.

http://www.gurob.org.uk/reports/Gurob-SCAPrelimRep-Nov2014-ReducedFileSize.pdf

Ces vêtements proviennent probablement des habitants des régions plus froides du nord, sans doute l’Anatolie du 2e millénaire avant notre ère.

Ils ne sont pas éloignés de ceux qui ont été trouvés dans le désert du Taklamakan, avec leur tissu à carreaux.

http://www.liberation.fr/planete/2014/04/23/chine-momie-blues-chez-les-ouighours_1003065

Les habits en tissus semblent donc avoir été assez répandus au milieu de l’âge du bronze. Ils pouvaient être tissés, comme le montre une découverte récente en Angleterre :

http://www.exponaute.com/magazine/2016/01/13/decouverte-historique-en-angleterre-un-pompei-de-lage-de-bronze/

Dans les tombes de l’âge du bronze de Haguenau, plus de cent épingles à raison de une par tombe positionnée au niveau de la poitrine du défunt montre que ces derniers ont été enterrés avec des vêtements relativement fins.

Au 3e millénaire, nous avons comme retour les vêtements que portait Ötzi, l’homme des glaces trouvé dans les Alpes. Ils montrent surtout le tissage, grossier, de substances végétales telles que le lin, le chanvre, le jonc de marais, l’ortie, ainsi que le chêne, le tilleul, le saule, l’orme et le bouleau.

http://www.hominides.com/html/ancetres/otzi3.php

On peut en conclure que les vêtements tissés de qualité couramment portés datent du 2e millénaire avant notre ère, durant l’âge du bronze.

( 21 décembre, 2015 )

Histoire du calendrier

Comment est-on parvenu à suivre et à appréhender à l’avance le temps qui s’écoule, tout en étant en phase avec les saisons ?

Les Grecs reconnaissaient le savoir-faire des Égyptiens dans l’observation du ciel étoilé et du soleil. Dès le début de leur civilisation, ils avaient organisé leur calendrier en douze mois de 30 jours, auquel était ajouté un petit mois de 5 jours. Toutefois, vu qu’il n’avait pas d’ajustement périodique (notre actuelle jour supplémentaire des années bissextiles), ce calendrier n’était pas tout à fait en phase avec le cycle annuel du soleil. Par rapport aux saisons il dérivait lentement au fil des années. Mais cela était accepté par les Égyptiens.

http://www.stmacariusmonastery.org/en0909.pdf

 

En Mésopotamie, différentes méthodes étaient en usage. Si certains utilisaient plutôt un calendrier lunaire avec des mois de 29 jours, d’autres suivaient aussi un calendrier de 12 mois de 30 jours. Tous ont toutefois choisi de s’ajuster sur les saisons en ajoutant périodiquement, souvent tous les six ans, un treizième mois intercalaire.

 

Les Athéniens ont repris, sans doute des Égyptiens, le même calendrier de 12 mois de 30 jours. Mais au cours de leur histoire, ils ont voulu s’ajuster sur les cycles de la lune avec des alternances de mois de 29 jours et 30 jours et l’ajout d’un mois tous les 3 ans. Puis, constatant un décalage, vers le 5e siècle avant notre ère, sur un cycle de 8 années, ils ont incorporés 3 mois intercalaires. Ce n’était toujours pas satisfaisant. D’autres cycles ont été utilisés au cours de leur histoire. Ils n’ont pas été suivis par d’autres dans leur tâtonnements successifs.

 

Notre calendrier actuelle provient des Romains, où il a, de même, fait l’objet de nombreux aménagements. Il est possible de simplifier cette histoire ainsi :

A ces débuts, le calendrier romain ne comptait que dix mois de 30 ou 31 jours. En hiver, on attendait plus de 50 jours l’équinoxe vernal pour démarrer une nouvelle année. L’année romaine commençait alors aux alentours de notre 1er mars.

Vers 700 avant notre ère, il a été décidé de raccourcir quelques mois pour en créer deux nouveaux, l’équivalent de nos mois de janvier et février, qui étaient alors les deux derniers de l’année. Et c’est naturellement sur le dernier de l’année d’alors, celui de février, que des ajustements ont été faits vis à vis de la réalité solaire, par l’ajout d’une journée intercalaire dite « ante diem bis sextum kalendas ».

Si les premiers noms du calendrier proviennent de noms de planètes, ceux des mois de Septembre, Octobre, Novembre et Décembre sont issus de l’énumération latine : septième, huitième, neuvième et dixième.

L’année même de la mort de Jules César, en 44 avant Jésus-Christ, Marc-Antoine, voulant honorer la mémoire du conquérant des Gaules, fit remplacer le cinquième mois, qui s’appelait « quintilis », par celui de Julius, qui est devenu notre mois de juillet. Son successeur Auguste, a eu droit aux mêmes honneurs avec le mois qui était alors appelé Sextilis, le sixième mois de l’année. C’est par plébiscite que le sénat en a décidé ainsi. « Auguste » est devenu notre mois d’août.

C’est seulement en 1582 que le pape Grégoire XIII a décidé de réformer le calendrier en débutant celui-ci au 1er janvier.

( 3 octobre, 2015 )

Histoire de l’administration de l’agriculture

La traduction des milliers de tablettes trouvées à Mari a montré qu’il y avait, au début du 2e millénaire avant J.-C., deux types d’agriculture :

  • une agriculture privée, essentiellement de subsistance, sur de petites parcelles individuelles, attribuées le plus souvent directement par le souverain local, par exemple aux soldats de l’armée,

  • une agriculture administrée, sur de grands domaines royaux, où des fonctionnaires décidaient de l’ensemble des travaux, notamment des moyens matériels et humains.

Ainsi, le plus souvent, un particulier devait d’abord participer aux travaux du domaine royal avant d’entreprendre ceux de sa parcelle individuelle. Ces activités étaient particulièrement suivies par les scribes lors des récoltes, pendant lesquelles il était d’usage de ne pas faire la guerre.

Cette organisation permettait au souverain d’engranger un maximum de biens et de nourritures qu’il pouvait ensuite redistribuer aux plus méritants ou échanger contre d’autres bien avec d’autres pays. Des scribes étaient chargés de suivre les entrées/sorties alimentaires.

Il est étonnant de constater, déjà, que la bière et le vin étaient des produits très appréciés : bon nombre de tablettes cunéiformes trouvées sont des décomptes de ces deux boissons. Les sites les plus significatifs sont :

  • Godin Tépé en Iran

  • Tell Rimah

  • Tell Chagar Bazar.

Vers le pays d’Urartu, des marchands pouvaient, aussi, diriger de grandes exploitations. Ainsi, le site de Giricano, situé en Turquie, au nord du Tigre, était un centre de production agricole appelé Uzibu. Les tablettes ont été rédigées par un marchand résident à Uzibu et Tushan. Elles enregistrent des ventes d’esclave, de céréales, de bétails et d’argent.

A la même période, l’élevage aussi était encadré par une administration très directive. En 1978, 25 tablettes cunéiformes ont été trouvées sur le tell Ali dans l’actuel pays d’Irak. Les tablettes, datées du 13e siècle avant notre ère, se réfèrent en majorité à l’administration de l’élevage de mouton et à la fabrication de la laine. Ces textes donnent une bonne vision de la gestion administrative d’une petite ville agricole dans le royaume assyrien. Le travail de la laine était effectué dans un « palace » par des esclaves, essentiellement des femmes.

Auparavant, vers le 21e siècle avant notre ère, des tablettes issues de fouilles sauvages trouvées sur le site de Drehem montrent une gestion administrative des transferts de bétails.

Ce devait être ce type d’activité qui était enregistré sur de nombreuses tablettes de comptages retrouvées en Irak ou en Iran dès les premiers temps de l’âge du bronze.

( 27 juillet, 2015 )

Histoire du masque

A Girnavaz, en Turquie, qui s’appelait Nawila depuis au moins le 3e millénaire avant notre ère, des masques de théâtre romains ont été exhumés :

http://www.examiner.com/article/archaeologists-discover-ancient-theater-masks-turkey

En cela, les Romains n’ont fait que reprendre une tradition grecque où le masque était utilisé dans les représentations théâtrales. Des tragédies se jouaient avec des acteurs masqués. Aussi, il est possible que le masque de théâtre soit né en même temps que les tragédies. Ce serait Thespis, au 6e siècle avant notre ère, qui en serait l’inventeur :

http://jfbradu.free.fr/GRECEANTIQUE/GRECE%20CONTINENTALE/PAGES%20THEMATIQUES/theatre/savoir-plus-masques.php3

Dans les tombes Mycéniennes, au 2e millénaire avant notre ère, on a retrouvé des masques funéraires en feuilles d’or :

http://www.cliolamuse.com/spip.php?article18

Peut-être que les Mycéniens n’ont fait qu’imiter les masques des momies égyptiennes. Ils existent depuis les premières dynasties de pharaons, même s’ils subissent des dégâts dû à notre époque :

http://www.metronews.fr/info/egypte-toutankhamon-et-le-mystere-du-masque-recolle-a-la-glue/moaw!m0qSb8EyFXLuM/

Vers les mêmes siècles, en Crète, des scènes rituelles montrent aux côtés de divinités, diverses créatures qui sont des hommes porteurs de masques d’animaux.

Et que dire du masque présumé de Sargon d’Akkad :

http://www.ezida.com/tete_presume_de_sargon_l.htm

Son usage n’est pas connue, mais le lieu de sa trouvaille, le temple Ishtar de Ninive, laisse supposer une utilisation lors de cérémonies.

Mais le masque était également connu en Afrique, en Chine et dans l’Amérique Précolombienne, entre 250 et 900 après J.-C. Des masques mortuaires étaient faits en mosaïque de jade :

http://www.maxisciences.com/maya/une-exposition-exceptionnelle-de-masques-funeraires-mayas-a-paris_art21181.html

( 4 juin, 2015 )

Histoire des fêtes et des jours fériés

Dès l’âge du bronze, des fêtes étaient organisées, souvent avec des motifs religieux. En voici deux exemples :

La mythologie sumérienne mentionne, dès le 3e millénaire avant J.-C., une grande fête à Ninab (je pense qu’il s’agit de Ninive) où venait Numushda, le dieu de Kazallu, accompagné de sa femme et sa fille. Martu devait réaliser des exploits pour rendre joyeux Numushda de Kazallu.

Les historiens pensent qu’il s’agissait de déplacer des statues d’une ville à l’autre et que ce transfert était accompagné de jeux variés.

En Anatolie, au début du 2e millénaire avant notre ère, une fête d’automne de Télipinu était célébrée tous les neuf ans à Hanhana. Elle durait six jours. Cette fête était organisée par le gouverneur de Hanhana. Elle était consacrée à Telipinu qui était un dieu agraire. Il est devenu un dieu fondateur du royaume, protecteur des frontières : pour cette raison, il était plus particulièrement honoré dans les villes de Hanhana, Tawiniya et Durmitta. Pendant cette fête de Hanhana, le Prince et sa cour devaient aussi se rendre dans deux villes voisines.

Le vase d’Inandik, trouvé à Hanhana, montre des offrandes de bouillis, de céréales et de boissons, ainsi que le sacrifice d’un taureau devant l’autel.

http://moeandirene.blogspot.fr/2013/04/museum-of-anatolian-civilizations.html

On peut voir une profusion d’instruments de musique, et les habits des dignitaires de l’époque.

L’Égypte antique avait un calendrier avec 105 jours fériés. Il s’agissait de fêtes de motifs religieux, mais aussi de commémorations historiques ou de moments liés au activités agricoles (semailles, moisson, vendanges) et au cycle des saisons. Il faut aussi comprendre que, pour comparer ce nombre de jours fériés avec notre époque, dans l’antiquité il n’y avait pas de repos hebdomadaire.

En Europe, c’est le 3 juillet 321 que Constantin, premier empereur romain à s’être converti au christianisme, en s’inspirant du sabbat de la tradition juive, a institué le dimanche comme jour de repos légal.

Chez les Grecs, il semble que le nombre de fêtes tant publiques que privées se soient multipliées au fil du temps à partir de l’époque d’Homère. Vers la fin de l’Empire, le pays avait une cinquante de jours chômés officiels et beaucoup de fêtes locales ou régionales.

Les Romains célébraient une fête environ un jour sur deux : certaines correspondaient à des cérémonies avec sacrifices, d’autres à des rites qui nous semblent maintenant étranges et obscurs, et puis d’autres à des jeux.

( 11 mai, 2015 )

Histoire des épices

Vers 1800 avant notre ère, une tablette du Tell Rimah montre que le nord de l’actuel pays de Syrie s’approvisionnait déjà en épices diverses. Il s’agit du courrier, identifié T.R.4212, d’une dame Kissurum à la maîtresse de maison de nom Iltani : « En ce qui concerne le hazannu que ma maîtresse m’a demandé par tablette : il n’y a plus un seul shekel de hazannu disponible. Hier, le roi m’en a demandé pour Usi-nawir, mais il n’y en avait déjà plus et il s’est querellé avec moi : « Comment se fait-il qu’il n’y ait pas eu de commande de hazannu ici ? » Ma dame sait que je n’ai pas de hazannu disponible. En ce qui concerne la coriandre et le cumin, aussi, ma dame n’en avait pas commandé, … J’y ai remédié en écrivant. En ce qui concerne le huratum sec, ….. »

On ne sait pas ce qu’est le hazannu et le huratum. Par contre les traducteurs ont reconnu la coriandre et le cumin parmi les produits évoqués.

La plus ancienne trace de coriandre date du Néolithique, vers 6000 avant notre ère, dans la grotte israélienne de Nahal Hemar.

En Égypte, il en a été trouvé dans différentes tombes, dont celle de Toutankhamon, alors que l’épice n’était pas produite dans la vallée du Nil.

https://www.semencier.com/articles/plantes-aromatiques/99-la-coriandre.html

En Europe, c’est en Macédoine, à Sitagroi, vers 1200 avant J.-C. qu’on trouve la plus ancienne trace.

En revanche, le cumin semble être d’origine égyptienne et/ou proche orientale. Son usage s’est généralisé très tôt sur l’ensemble des continents :

http://crissoucuisine.over-blog.com/pages/CUMIN-1537938.html

On en aurait également retrouvé dans la tombe de Toutankhamon. Même si sa dénomination hiéroglyphique est incertaine, son nom akkadien, kamunu ou Kemoun, semble être mentionné dans le papyrus Ebers, au début du Nouvel Empire Égyptien.

Le commerce des épices existait donc déjà à l’âge du bronze.

( 2 avril, 2015 )

Histoire de l’apprentissage

Les tablettes de Nuzi ont été rédigées vers le milieu du 2e millénaire avant notre ère. Leur étude a montré que certaines professions étaient exercées par des membres d’une même famille sur plusieurs générations. Il en était ainsi pour les métiers de scribe, de gardien de porte de ville, de juge, de conducteur de char, de barbier, de berger, …

Toutefois, il existait aussi des contrats d’apprentissage, parfois associés à des adoptions, permettant d’intégrer un jeune externe à la famille. C’était le cas, pour le métier de barbier : l’avantage de la formule était qu’en plus de la transmission du savoir lié au métier, il y avait un transfert de propriété du fond de commerce au décès de l’artisan.

Pour en revenir à l’apprentissage de l’écriture, Alfonso Archi a reconstitué les arbres généalogiques de plusieurs familles de scribes. 

http://www.academia.edu/10840999/The_Tradition_of_Professions_within_Families_at_Nuzi_for_the_published_volume_see_http_www.eisenbrauns.com_item_RAI57_

Le métier de scribe nécessitait un apprentissage long. De ce fait, la profession était le plus souvent transmise aux enfants des familles qui les exerçaient déjà par leur parent, voir leur oncle.

Toutefois, il existait aussi des écoles de scribes : à Nippur, il a été retrouvé de nombreuses tablettes d’écoliers et d’apprentis scribes.

Il en existait aussi en Égypte :

http://www.larecherche.fr/savoirs/archeologie/ecole-scribes-ramses-ii-01-10-2004-88427

Ces savoir-faire étaient reconnus par les pays voisins et étaient exportés : la traduction des tablettes d’Anatolie du début du 2e millénaire avant notre ère a permis de reconnaître, parmi les noms des auteurs des écrits, des originaires des pays de Syrie et Mésopotamie.

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