( 7 novembre, 2014 )

Histoire de l’urbanisme

Lorsqu’on se penche sur les ruines des villes construites par les romains, on ne peut qu’être admiratif de leur conception urbaine basée selon des axes routiers en ligne droite qui se croisent de façon perpendiculaire et qui s’adaptent toutefois au paysage.

https://sites.google.com/site/laromanisationdelempire/le-mode-de-vie/l-urbanisme

Il semble que les Romains aient appris l’art de construire leurs villes au contact des Étrusques et des Grecs :

http://www.arretetonchar.fr/architecture-et-urbanisme-%C3%A9trusque/

http://universitepopulaire06.blogspot.fr/2007/03/urbanisme-dans-la-grce-antique.html

Longtemps on a cru que les premières conceptions de villes était l’œuvre des Mésopotamiens, à la vue de leurs contructions à Eridu et surtout à Uruk :

http://www.scienceshumaines.com/les-premieres-villes-du-monde_fr_4247.html

Mais vers 2500 avant J.-C., aux marges du désert syrien, des villes ont été fondée selon une architecture circulaire. L’exemple le plus frappant est le Tell Al-Rawda, où 16 ha d’habitations qui ont été construits ainsi avec quatre lignes de fortifications concentriques. La ville révèle l’existence, en plein milieu du 3e millénaire, d’un plan d’urbanisme préconçu.

Corinne Castel du CNRS, qui a co-dirigée les fouilles avec Nazir Awad Directeur du Patrimoine et des Monuments historiques de Syrie, évoque les constats de son équipe archéologique pluridisciplinaire franco-syrienne :

http://www.louvre.fr/aux-premiers-temps-de-l-urbanisme-tell-al-rawda-une-ville-neuve-du-iiie-millenaire-dans-la-steppe-de

Des prospections géophysiques ont permis de montrer que, à cette époque, en Syrie, c’est toute une série de villes qui ont été construites selon cette structure géométrique circulaire. Il existait donc une organisation humaine en mesure de mener à bien la construction de villes selon un schéma prédéfini.

En s’appuyant sur les résultats des fouilles du Tell Brak, il s’avérerait que les premières approches en matière d’Urbanisation datent des alentours de 4000 avant J.-C en Haute-Mésopotamie :

http://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/20070831.OBS2834/mesopotamie-l-urbanisation-plonge-aussi-ses-racines-au-nord.html

( 10 octobre, 2014 )

Histoire du fontainier

Voici un bel extrait de l’Iliade qui évoque le métier de fontainier : « Quand un fontainier a mené, d’une source profonde, un cours d’eau à travers les plantations et les jardins, et qu’il a écarté avec sa houe tous les obstacles à l’écoulement, les cailloux roulent avec le flot qui murmure, et court sur la pente, et devance le fontainier lui-même. »

Mais depuis quand existe-t-il des fontaines aménagées par l’homme ?

A Poitiers, en 2012, rue du Puygarreau, à l’arrière de l’Hôtel de Ville, à l’emplacement même d’un projet d’aménagement d’un bassin d’eau, l’Inrap a découvert une ancienne fontaine gallo-romaine. Les romains maîtrisaient parfaitement ce savoir-faire. La Rome antique en possédait de nombreuses : Fontaine de Juturne, Fontaine de Mercure, Fontaine des Trophées de Marius, Meta Sudans, Septizodium, ….

Les fontaines étaient aussi présentes dans les villes grecques. Un des plus grands vestiges aquatiques d’Athènes est la fontaine dite « mycénienne ». Ce nom a été donné du fait de son ancienneté. Corinthe en disposait d’au moins une : la fontaine Pirène.

Au millénaire précédent, ce sont les vestiges hittites, dans la Turquie actuelle, qui en montrent le plus :

  • Deux fontaines en forme de têtes de taureaux (1450-1200 av. J.-C.) trônent au pied des escaliers qui mènent à l’entrée du musée de Çorum.

  • Une fontaine monumentale se trouve à l’ouest de l’entrée de l’ancienne ville de Pergé, à l’est d’Antalya. Son bassin et sa façade étaient très ornementés. Elle était dédiée à l’empereur Septime Sévère.

  • Eflatun Pınar est un sanctuaire situé à environ 25 km de Beyşehir. Il s’agit d’un bassin associé à une fontaine aux eaux aux reflets étranges. En turc Eflatun désigne la couleur violet.

http://kapatita.blogspot.fr/2011/06/eflatun-pnar-un-sanctuaire-hittite.html

Il faut remonter un autre millénaire dans le temps pour trouver les plus anciennes sources aménagées par l’homme. Ainsi, à Ebla, une fontaine rituelle en pierre a été retrouvée dans un des temples de la ville antique.

( 16 septembre, 2014 )

Histoire du grelot et de la cloche

Dans l’actuel pays de Hongrie, à Kökénydomb, un site archéologique de la civilisation dite de la Tisza, de la fin du néolithique, un récipient-grelot, probablement utilisé comme instrument de musique pendant des cérémonies religieuses, a été daté des alentours de 2500 avant J-C.

En Chine, des annales montrent que l’Empereur Huangdì fit fondre des cloches dès le 23e siècle av. J.-C. Au musée de l’histoire chinoise à Pékin on peut voir des clochettes de l’époque de la dynastie Shang, entre le 2e ou 1e millénaire avant notre ère.

Les Scythes suspendaient des clochettes coniques en bronze au sommet de perches. On en a notamment exhumées à Ulski, elles sont datées du 6e siècle avant notre ère. De cette même époque, on en a trouvé de similaires à Persépolis et au Pamir.

Pour les cérémonies, les Egyptiens utilisaient une cloche avec une base carrée.

Pline rapporte que l’on déposa des clochettes, dans le tombeau de Porsenna, un dirigeant étrusque qui prit momentanément le contrôle de Rome à la fin du 6e siècle av. J.-C. Le tombeau, d’après lui situé sous la ville de Clusium, était formé de deux pyramides avec les sommets entourés par une chaîne à laquelle pendaient des clochettes que le vent agitait.

Pour en savoir plus sur les cloches :

http://campanologie.free.fr/Histoire.html

( 30 juillet, 2014 )

Idrimi

La biographie d’Idrimi provient de textes traduits de cunéïformes gravés sur sa statue. C’est sur le tell Atchana, en Turquie, au printemps de 1939, qu’une équipe britannique dirigée par Sir Leonard Wolley a exhumé ce chef d’œuvre d’environ un mètre de hauteur. Environ 500 tablettes trouvées sur le même tell ont permis de comprendre que la ville antique s’appelait Alalah, ou Alalakh, et qu’elle était la capitale d’un pays alors appelé Mukis.

Le statue est entreposée au British Museum :

http://www.britishmuseum.org/explore/highlights/highlight_objects/me/s/statue_of_idrimi.aspx

Une statue de Lion semble avoir accompagnée celle d’Idrimi dans un temple jusqu’à la destruction du site, vers le 12e siècle avant notre ère. Les deux sculptures constituaient sans doute l’attraction principale du bâtiment daté du 14e. Les textes semblent avoir été gravés après la création de la statue, et relatent des faits qui ne lui sont pas contemporains, antérieurs, donc, au 14e siècle avant notre ère.

Idrimi se présente comme originaire de Halab. Des combats, sans doute entre les Hourrites et le puissant royaume syrien de Yamhad, autour de 1600 av. J.-C., obligent Idrimi à se réfugier à la cour d’Emar, d’où leur mère est originaire. Pour ne pas rester serviteur dans ce pays mais reconquérir un trône, Idrimi part avec des Sutéens, nomades de la steppe, puis au Canaan plus au sud, avant de devenir chef d’une bande de Habiru, originaires des pays de Halab, de Mukis, de Nii et d’Ama’u. Après avoir construit des bateaux, il monte une expédition par la mer qui le conduit au pays de Mukis, où il s’empare de la capitale, Alalakh. Il réussit à s’y installer. Le puissant roi Hourrite, Sutarna, lui est d’abord hostile mais finit par le reconnaître comme vassal en le faisant roi. Idrimi mène ensuite des expéditions au pays du Hatti, vers le Nord, contre sept forteresses et leurs places commerciales : les villes de Passahe, Dumarut-re’i, Halahhan, Zisi, I’e, Uluzi, la capitale et Zaruna. Ainsi il bâtit « sa maison », c’est à dire son pays, qu’il administra et transmit à son fils Ada-nirari.

Par recoupement avec d’autres sources d’informations, les faits mentionnés ont pu être incorporés dans une histoire plus globale :

http://antikforever.com/Syrie-Palestine/Divers/alalah.htm

M. Sidney Smith, qui a publié, dès 1949, la traduction du texte accompagnant la statue, a identifié Passahe avec Payas, Zisi avec Issus et a fait le rapprochement d’Uluzi avec le port d’Ullasa de nombreuses fois mentionnés par le roi de Byblos dans les lettres d’Amarna, sans avoir été suivi par ses contemporains.

Je pense qu’effectivement les 7 forteresses et places commerciales du Hatti sont, pour la plupart, des ports. Idrimi explique avoir construit des bateaux avant ses conquêtes. Les forteresses semblent être listées dans l’ordre géographique suivant : de la plus proche à la plus lointaine en suivant la côte à partir du Nord de l’embouchure de l’Oronte. Les localisations des villes connues par d’autres textes sont ici précisées par sélection du lien.

( 24 juillet, 2014 )

Histoire des ports de commerce

Depuis quand existe-il des ports commerciaux accueillants les navires de toutes les origines et nationalités ?

L’examen des textes des nombreuses tablettes de l’âge du bronze montre qu’il est difficile de distinguer les ports des autres villes. Les lettres d’Amarna constituent une exception, car la majorité des courriers ont été rédigés par des responsables de villes portuaires. C’est grâce à ces courriers que la navigation en mer méditerranéenne est prouvée durant l’âge du bronze : les navires voyageaient à vu, le long des côtes, et disposaient de ports relais, sous la responsabilité du propriétaire des bateaux. C’était plutôt une approche où chaque pays navigateur avait ses propres abris et comptoirs.

La traduction des lettres d’Amarna montre que, vers 1350 avant notre ère, le roi de Byblos avait sous sa responsabilité des navires et des ports (Byblos, Ullasa, Sumur, …) pour le compte du pharaon d’Égypte. Il était toutefois en très vive concurrence avec d’autres cités portuaires telles que Aruad, Tyr, Sidon, Beyrouth, … et surtout avec Aziru, le roi d’Amurru.

Cependant, il semble que certains ports se soient ouverts au trafic maritime plus tôt que d’autres.

Ainsi, dans la lettre EA114, le roi de Byblos mentionne le port de Wahliya comme accueillant des navires de différentes origines : « Aziru est en guerre contre moi. Il s’est emparé de 12 de mes hommes et le prix de rançon il me l’a fixé à 50 sicles d’argent. C’étaient des hommes que j’avais à Sumur dont il s’est emparé. Dans Wahliya se trouvent des navires des hommes de Tyr, Beyrouth et Sidon. Tout le monde dans le pays d’Amurru est en paix avec eux, je suis l’ennemi. »

Notamment, ces lettres montrent que même lors des moments de conflits les plus intenses avec Aziru, les navires d’Amurru continuaient de commercer dans les ports d’Égypte.

En fait, les deux systèmes ont dû cohabiter durant la majeure partie de l’âge du bronze. Les pays les plus puissants avaient les ports les plus accueillants. Les navigateurs les plus entreprenants développaient leurs propres réseaux lorsqu’ils en avaient besoins. Plus tard, les Grecs et Phéniciens fonctionnaient de la même manière : ils disposaient de nombreux comptoirs tout autour de la mer noire et la mer Méditerranée. Puis la suprématie Romaine a imposé de mêmes règles sur ces mers.

( 31 mars, 2014 )

Histoire du miel

Au Néolithique, le miel était récolté sur des essaims sauvages. Un des plus anciens témoignages de ce type de récolte apparaît sur une peinture rupestre de la grotte de l’Araignée, en Espagne, près de Bicorp-Miralles, dans la région de Valence : on y distingue un individu recherchant du miel en hauteur. Le pétroglyphe est daté entre 6 000 à 10 000 ans avant J.-C.

http://blogfr.jacaspeproduitsduterroir.fr/histoire-du-miel/

A cette même époque, Martine Regert, chercheur au CNRS, a identifié de la cire d’abeille sur des céramiques de sites néolithiques tels que ceux de Chalain dans le Jura, de Bercy, ou encore de Dikili Tash en Grèce.

Dans le papyrus égyptien dénommé «Edwin Smith », daté du 17e siècle avant notre ère, associé à la graisse, le miel apparaît comme étant un ingrédient de guérison des plaies.

Chez les Hittites, sous Suppiluliuma, vers le milieu du 2e millénaire, des pots de miel étaient offerts à l’occasion de la fête Nuntariyasha. Cette fête était célébrée au printemps avant le début des campagnes militaires.

Datant des alentours du 10ème siècle avant JC, sur le site archéologique de Tel Rehov, dans la vallée du Jourdain, des fouilles ont dégagé une trentaine de ruches. Une analyse comparative de plusieurs espèces d’abeilles a permis de démontrer que les colonies d’abeilles des ruches de Tel Rehov étaient en fait importées d’Anatolie. Afin que ces abeilles ne se mélangent pas avec les espèces locales, considérées inférieures, de nouvelles abeilles reines étaient régulièrement importées d’Anatolie .

Enfin, les Grecs et les Romains connaissaient de multiples recettes de gâteaux où le miel ajoutait sa saveur sucrée. C’était aussi une nourriture offerte aux dieux.

Le miel est un produit naturel connu depuis très longtemps.

( 9 décembre, 2013 )

Histoire des reconnaissances de dettes

Le site de Kultépé, en Anatolie, est l’ancienne ville de Kanes. Il y avait un karum, c’est à dire le lieu où résidait des marchands venant de Syrie/Babylonie. Chaque maison qui y a été exhumée a fourni son lot de tablettes de 10, 20, 80, parfois jusqu’à 250 unités. Leur traduction a permis de comprendre qu’il s’agissait de correspondances de marchands, surtout des contrats et des reconnaissances de dettes, datées du début du 2e millénaire avant notre ère.

http://www.atamanhotel.com/cappkultepe.html

http://histoiresantiques.unblog.fr/2013/12/16/kultepe-lancienne-ville-de-kanes-ou-nesa/

Des relations commerciales s’étaient établies entre l’Anatolie et une cité organisatrice appelée le plus souvent « La ville ».

Des comptoirs privés acceptaient de remettre des marchandises à de véritables « aventuriers » qui organisaient des expéditions à dos d’ânes, pour échanger des biens sur les « Karum » d’Anatolie. Ils n’étaient pas obligé de régler comptant : une tablette de reconnaissance de dette était alors rédigée. Dans ce dernier cas, ce n’est qu’après avoir fait ses affaires que le débiteur réglait, la tablette était alors détruite.

Voici un exemple de lettre de reconnaissance de dette : « Kukkulanum, fils de Kutaya, à en créance 7 sicles d’argent sur Amur-Istar. Il payera dans 40 jours. S’il n’a pas payé, il ajoutera en intérêt un sicle d’argent par mois ». Des sceaux et des témoins garantissaient l’acte.

Certaines tablettes d’Emar, vers le milieu de 2e millénaire, montrent qu’à cause de dettes non remboursées, le débiteur risquait de tomber en esclavage ou d’être contraint d’abandonner sa femme ou ses enfants.

Il est probable que cette modalité commerciale existait aussi ailleurs. En Égypte, les mésaventures d’Ounamon, de la fin du 2e millénaire, montrent que pour obtenir du bois libanais, les représentants du pharaon disposaient de « lettres de créances » qui officialisaient la démarche.

( 4 décembre, 2013 )

Histoire des commandants de troupes

Datées de la première moitié du 14e siècle avant notre ère, les tablettes de Masat Höyük, située en Anatolie à environ 140 km à l’est-nord-est de la capitale des Hittites Hattusa, ont deux destinataires principaux : un gouverneur de nom Himuili et un commandant de troupe appelé Kassu. Les deux personnages étaient affectés à la ville de Tapikka. Ils montrent, déjà, un partage du pouvoir entre les civils et les militaires. Le gouverneur de la région, Himuili, était responsable des administratifs, et en même temps il chapeautait le commandant militaire Kassu. Mais ce dernier pouvait recevoir des instructions, notamment de stratégie militaire, directement par le roi. Ce qui créait des tensions entre ces deux personnages.

Côté Hittites, le commandant de troupe le plus connu était le frère de Suppiluliuma, appelé Zida ou Zitana. Une lettre d’Amarna le mentionne à la tête d’une troupe de 90 000 hommes vers le pays de Nuhasse.

Les textes des archives de Mari nous ont fait connaître, de même, des commandants de corps militaires de métier, traduits par « généraux ». Ainsi, le commandants des troupes de Mari détaché auprès d’Hammurabi de Babylone s’appelait Ibâl-pî-El. Son abondante correspondance avec le palais de Mari décrit, de façon très vivante, les particularités des us et coutumes du palais de Babylone. Ce sont ses courriers qui ont permis de comprendre les difficultés qu’a eu Zimrî-Lîm de Mari pour récupérer son armée. Hammurabi ayant bien compris toute les avantages qu’il avait à garder ces troupes, quitte à ne pas honorer les clauses de solidarité des accords entre Mari et Babylone.

http://www.digitorient.com/wp/wp-content/uploads/2006/10/CHARPIN%201999%20CDOG%202.pdf

( 28 novembre, 2013 )

Histoire antique des avantages accordés aux fonctionnaires

La plupart des informations ci-dessous ont été extraites de « Les débuts du nouvel Empire Hittite : Les Hittites et leur histoire » de Jacques FREU et Michel MAZOYER.

http://livre.fnac.com/a2159569/Jacques-Freu-Les-debuts-du-Nouvel-Empire-Hittite

Datées de la première moitié du 14e siècle avant notre ère, les tablettes de Masat Höyük (Tapikka) – située en Anatolie à environ 140 km à l’est-nord-est de la capitale des Hittites Hattusa – montrent la vie d’un centre provincial dirigé par un gouverneur de nom Himuili et un commandant de troupe appelé Kassu. Les scribes constituaient la corporation majoritaire des « fonctionnaires ». Le gouverneur de la région, Himuili, était leur responsable administratif.

http://histoire-antiquite-de-bob.overblog.com/2013/11/le-site-de-masat-h%C3%B6y%C3%BCk-%C3%A9tait-la-ville-de-tapikka.html

C’est à partir de ces tablettes, ainsi que celles d’Ortaköy et de Kusakli, qui datent de la même époque, que des études réalisées sur les noms de scribes montrent qu’ils étaient tous originaires de Syrie/Mésopotamie, et qu’ils exerçaient leurs métiers en Anatolie depuis plusieurs générations.

Les courriers retrouvés sont des échanges écrits relativement libres et dynamiques. Beaucoup de lettres étaient dupliquées et avaient de multiples destinataires. Certaines sont des échanges entre scribes de différents districts. D’autres sont de simples courriers familiaux : les épouses ne suivaient pas toujours leurs maris lors d’une nouvelle affectation.

Ainsi, le scribe Tarhunmiya, originaire de Tapikka, là où résidait sa famille, avait été affecté à Hattusa dans les bureaux de la chancellerie du palais. Plusieurs courriers relatent qu’au titre de sa résidence de Tapikka, les autorités locales de la ville l’avait soumis à des charges (redevance et corvées) qui, normalement, échappaient aux scribes. Le gouverneur d’Hattusa avait pris la défense de son subordonné : « Les scribes sont-ils soumis aux redevances et aux corvées ? Pourquoi continue-t-il à les acquitter ? ». Il menaçait d’en référer directement au roi.

Les relations s’étaient dégradées. A tel point que Tarhunmiya réclamait qu’un gendarme garde sa maison de Tapikka : son char ayant été dégradé. Il demandait que les deux auteurs des déprédations soient soumis à un jugement. Ils avaient « emprunté » son bien sans son autorisation.

Ce fait divers, vieux de plus de 3500 ans, montre que de tous temps, les politiques et décideurs ont eu tendance à se faire bien voir par leurs administrés en leur accordant des avantages. Cette différence de traitement entraîne inévitablement des jalousies.

( 18 novembre, 2013 )

Histoire des cymbales

A Ougarit, datées du milieu du 2e millénaire avant notre ère, il a été découvert deux paires de cymbales en tôle de bronze. Elles étaient pourvues de deux trous dans la partie concave, destinés à l’installation d’un anneau permettant de passer les doigts. Sur le même site, dans la tombe dite de Rapanou, connu pour nous avoir laissé de nombreuses tablettes cunéiformes, se trouvait une figurine de musicien à genoux tenant des cymbales :

http://www.aly-abbara.com/voyages_personnels/syrie/museum/pages/Ugarit/musicien_cymbales_ivoire.html

Datées la même époque, de telles trouvailles ont également été faites à Megiddo, Hazor et Chypre.

Toujours à Ougarit, un texte légendaire (RS 24.252) évoque divers instruments de musique : « Rapi’u, roi de l’éternité, qui chante et fait de la musique, avec la cithare et la flûte, avec le tambourin et les cymbales, avec les castagnettes d’ivoire, parmi les bons compagnons de Kutarru. »

Le mot utilisé pour désigner les cymbales ne fait guère de doute : « msltm » a été conservé dans la langue hébraïque en mesiltayim. En revanche, en Français, le mot « Cymbales » provient du hongrois « cimbalom ».

Les Minoens utilisaient cet instrument. Chaque disque était frappé l’un contre l’autre en cadence, notamment lors de cérémonies funéraires.

Les Grecs désignait par « Askaros » un instrument voisin, plus petit, qui accompagnaient habituellement les rituels orgiaques de Cybèle et de Dionysos.

http://www.marcdedouvan.com/instru.php?instru=cymbales

L’épave d’Uluburun, retrouvée proche des côtes de l’actuelle Turquie, a montré la présence d’un tel instrument parmi d’autres marchandises.

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