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( 14 janvier, 2015 )

Histoire de la chirurgie

Le papyrus Edwin Smith de l’Égypte antique est un traité de neurochirurgie du milieu du 2e millénaire avant notre ère. Il montre que le médecin-trépanateur était accompagné d’un homme chargé de limiter les saignements.

http://www.futura-sciences.com/magazines/sante/infos/dossiers/d/medecine-plus-grandes-decouvertes-medecine-1830/page/3/

Auparavant, des actes de chirurgie ont été constatés en Anatolie, sur des crânes vieux de 5000 ans :

http://discovermagazine.com/2011/apr/08-bronze-age-brain-surgeons

C’est le résultat de fouilles de sites de l’âge du bronze du nord de l’Anatolie.

En effet, c’est d’abord sur le tell d’Ikiztepe, situé à l’embouchure du Kizilirmak, très proche de la mer Noire, que de telles traces ont été trouvées parmi les 690 squelettes exhumés, avec une paire de rasoirs taillée dans une pierre d’origine volcanique, qui semble avoir été l’instrument utilisé.

Depuis 2010, ces fouilles ont été réactivées avec une équipe de 34 personnes sous la conduite de Önder Bilgi. Le tell est probablement l’ancienne ville de Zalpuwa ou Zalpa :

http://histoire-antiquite-de-bob.overblog.com/2015/01/le-site-de-ikiztepe-etait-la-ville-de-zalpuwa.html

Mais une opération chirurgicale semblable apparaît aussi sur un squelette de marchand assyrien venu faire du commerce en Anatolie. En effet un même constat a été effectué sur un crâne vieux de 4000 ans, trouvé sur le site de Kultepe, près de Kayseri-Sivas, l’ancienne ville de Kanes ou Kanesh.

D’après le docteur Handan Üstündağ, des traces de drainage et les formations osseuses montrent que le patient a survécu à l’opération :

http://www.todayszaman.com/news-217000-evidence-found-of-brain-surgery-4000-years-ago.html

A la fin du 3e millénaire avant notre ère, les Assyriens commerçaient tout autour de l’Anatolie. Mais il n’est pas sûr qu’ils soient à l’origine de ces pratiques médicales. Au contraire, ils semblent avoir bénéficié d’un savoir-faire d’un peuple installé autour de la mer Noire.

En effet, en Europe, de tels actes ont été constatés sur des squelettes du Néolithique, voire du Mésolithique, comme le relate « Paul du Chatellier » il y a près de deux siècles :

http://www.notrepresquile.com/recits/voyages/squelettes-lostmarch.php

( 2 janvier, 2015 )

Les Amazones du nord de l’Anatolie

Voici le témoignage de Platon au sujet de la présence, de son temps, d’Amazones autour de la mer Noire : « Je sais à n’en pas douter qu’aujourd’hui même il y a aux environs de la Mer Noire un nombre prodigieux de femmes appelées Sauromates, qui, suivant les lois du pays, s’exercent ni plus ni moins que les hommes, non seulement à monter à cheval, mais aussi à tirer à l’arc et à manier toute sorte d’arme ».

http://www.cosmovisions.com/$Amazones.htm

Strabon nous a informé que le nom de sa ville de naissance, Amasia, est dû à celui de la reine des amazones appelée « Amasis ». Avant lui, dans la même région, Hérodote a évoqué Thermiscyra, ou Themiscyra, sur le Thermodon, comme principale ville des Amazones. Je pense que cette cité était probablement l’antique Durhumit (cliquez sur le lien pour avoir plus d’informations), une place de commerce des marchands assyriens du début du 2e millénaire avant notre ère, tout aussi importante que celle de Kanès.

Ce n’est pas par hasard si la légende des Amazones se conjugue avec celle des marchands assyriens : durant l’époque hittite elle a commencé à prendre forme par des textes relatifs à la « légende de Zalpa » où trente fils de Kanès, soumis aux caprices du grands fleuve jaune, avaient été recueillis à Zalpa, au bord de la mer et donc dans la région des Amazones. Bien plus tard, de retour à Kanès, où ils n’ont pas été reconnus, ils leur avait été proposés d’épouser leurs sœurs. Ce qui constituait alors un tabou local : il était interdit d’épouser une fille de sa famille, alors que s’était semble-t-il accepté en Assyrie tout comme en Égypte.

La traduction des textes de Kanès montre que bien souvent il était alors admis que ces marchands assyriens puissent avoir une épouse dans leur pays d’origine et une autre en Anatolie, mais qu’il était mal vu qu’ils puissent épouser leur sœur. Par exemple, 161a est un contrat de mariage par achat qui stipule : « X n’épousera par d’autre femme dans Kanis, Burushattum, Durhumit ou Wahsusana. Il conduira sa jeune femme là où cela lui plaira.». De cette clause, il est possible d’en déduire qu’il n’était toutefois pas accepté qu’un marchand puisse avoir une épouse dans chaque ville d’Anatolie, mais qu’il pouvait en avoir ailleurs.

Cette facilité est peut être à l’origine de la légende des Amazones : dans cette région, des individus de tradition patriarcale en ont rencontré d’autres de tradition matriarcale. Les sociétés matriarcales d’alors étaient celles où les hommes s’absentaient pendant de très longues durées. Je pense qu’il pouvait y avoir des raisons telles que des campagnes de chasse (pour les Sauromates et les Scythes), mais aussi des guerres ou des navigations sur de longues distances.

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