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( 30 juillet, 2014 )

Idrimi

La biographie d’Idrimi provient de textes traduits de cunéïformes gravés sur sa statue. C’est sur le tell Atchana, en Turquie, au printemps de 1939, qu’une équipe britannique dirigée par Sir Leonard Wolley a exhumé ce chef d’œuvre d’environ un mètre de hauteur. Environ 500 tablettes trouvées sur le même tell ont permis de comprendre que la ville antique s’appelait Alalah, ou Alalakh, et qu’elle était la capitale d’un pays alors appelé Mukis.

Le statue est entreposée au British Museum :

http://www.britishmuseum.org/explore/highlights/highlight_objects/me/s/statue_of_idrimi.aspx

Une statue de Lion semble avoir accompagnée celle d’Idrimi dans un temple jusqu’à la destruction du site, vers le 12e siècle avant notre ère. Les deux sculptures constituaient sans doute l’attraction principale du bâtiment daté du 14e. Les textes semblent avoir été gravés après la création de la statue, et relatent des faits qui ne lui sont pas contemporains, antérieurs, donc, au 14e siècle avant notre ère.

Idrimi se présente comme originaire de Halab. Des combats, sans doute entre les Hourrites et le puissant royaume syrien de Yamhad, autour de 1600 av. J.-C., obligent Idrimi à se réfugier à la cour d’Emar, d’où leur mère est originaire. Pour ne pas rester serviteur dans ce pays mais reconquérir un trône, Idrimi part avec des Sutéens, nomades de la steppe, puis au Canaan plus au sud, avant de devenir chef d’une bande de Habiru, originaires des pays de Halab, de Mukis, de Nii et d’Ama’u. Après avoir construit des bateaux, il monte une expédition par la mer qui le conduit au pays de Mukis, où il s’empare de la capitale, Alalakh. Il réussit à s’y installer. Le puissant roi Hourrite, Sutarna, lui est d’abord hostile mais finit par le reconnaître comme vassal en le faisant roi. Idrimi mène ensuite des expéditions au pays du Hatti, vers le Nord, contre sept forteresses et leurs places commerciales : les villes de Passahe, Dumarut-re’i, Halahhan, Zisi, I’e, Uluzi, la capitale et Zaruna. Ainsi il bâtit « sa maison », c’est à dire son pays, qu’il administra et transmit à son fils Ada-nirari.

Par recoupement avec d’autres sources d’informations, les faits mentionnés ont pu être incorporés dans une histoire plus globale :

http://antikforever.com/Syrie-Palestine/Divers/alalah.htm

M. Sidney Smith, qui a publié, dès 1949, la traduction du texte accompagnant la statue, a identifié Passahe avec Payas, Zisi avec Issus et a fait le rapprochement d’Uluzi avec le port d’Ullasa de nombreuses fois mentionnés par le roi de Byblos dans les lettres d’Amarna, sans avoir été suivi par ses contemporains.

Je pense qu’effectivement les 7 forteresses et places commerciales du Hatti sont, pour la plupart, des ports. Idrimi explique avoir construit des bateaux avant ses conquêtes. Les forteresses semblent être listées dans l’ordre géographique suivant : de la plus proche à la plus lointaine en suivant la côte à partir du Nord de l’embouchure de l’Oronte. Les localisations des villes connues par d’autres textes sont ici précisées par sélection du lien.

( 24 juillet, 2014 )

Histoire des ports de commerce

Depuis quand existe-il des ports commerciaux accueillants les navires de toutes les origines et nationalités ?

L’examen des textes des nombreuses tablettes de l’âge du bronze montre qu’il est difficile de distinguer les ports des autres villes. Les lettres d’Amarna constituent une exception, car la majorité des courriers ont été rédigés par des responsables de villes portuaires. C’est grâce à ces courriers que la navigation en mer méditerranéenne est prouvée durant l’âge du bronze : les navires voyageaient à vu, le long des côtes, et disposaient de ports relais, sous la responsabilité du propriétaire des bateaux. C’était plutôt une approche où chaque pays navigateur avait ses propres abris et comptoirs.

La traduction des lettres d’Amarna montre que, vers 1350 avant notre ère, le roi de Byblos avait sous sa responsabilité des navires et des ports (Byblos, Ullasa, Sumur, …) pour le compte du pharaon d’Égypte. Il était toutefois en très vive concurrence avec d’autres cités portuaires telles que Aruad, Tyr, Sidon, Beyrouth, … et surtout avec Aziru, le roi d’Amurru.

Cependant, il semble que certains ports se soient ouverts au trafic maritime plus tôt que d’autres.

Ainsi, dans la lettre EA114, le roi de Byblos mentionne le port de Wahliya comme accueillant des navires de différentes origines : « Aziru est en guerre contre moi. Il s’est emparé de 12 de mes hommes et le prix de rançon il me l’a fixé à 50 sicles d’argent. C’étaient des hommes que j’avais à Sumur dont il s’est emparé. Dans Wahliya se trouvent des navires des hommes de Tyr, Beyrouth et Sidon. Tout le monde dans le pays d’Amurru est en paix avec eux, je suis l’ennemi. »

Notamment, ces lettres montrent que même lors des moments de conflits les plus intenses avec Aziru, les navires d’Amurru continuaient de commercer dans les ports d’Égypte.

En fait, les deux systèmes ont dû cohabiter durant la majeure partie de l’âge du bronze. Les pays les plus puissants avaient les ports les plus accueillants. Les navigateurs les plus entreprenants développaient leurs propres réseaux lorsqu’ils en avaient besoins. Plus tard, les Grecs et Phéniciens fonctionnaient de la même manière : ils disposaient de nombreux comptoirs tout autour de la mer noire et la mer Méditerranée. Puis la suprématie Romaine a imposé de mêmes règles sur ces mers.

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