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( 16 septembre, 2013 )

Histoire de la harpe

Les premiers exemplaires de harpe datent du 3e millénaire avant J.-C. Ils ont été trouvés en Mésopotamie, en Égypte et en Grèce, sans qu’on puisse départager ces zones géographiques sur l’antériorité.

Dans le pays de Sumer, les tombes d’Our ont révélé plusieurs harpes décorées de tête de taureau :
http://www.cliolamuse.com/spip.php?article419

D’Eshnunna nous est parvenu cette figurine en terre cuite cuite datée du début du 2e  millénaire :
http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=24781

Les tombes de la vallée du Nil ont révélées de nombreuses reproductions de harpistes. Il faut notamment mentionner :

  • durant  l’Ancien Empire : Ptahhotep ;

  • Au  Moyen Empire : Akhethetep ;

  • Au  Nouvel Empire : Rekhmiré, Nakht, Méryré, Horemheb.

Voici une harpe de type trigone du début du Nouvel Empire :

http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/harpe-triangulaire

Maintenant une stèle en bois de la troisième période intermédiaire :

http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/stele-le-musicien-djedkhonsouiouefankh-ankh-joue-de-la-harpe-devant-le-dieu-re-horakh

Sur la plupart des représentations, les musiciens sont des aveugles.

Une chanson, dite du « joueur de harpe », a été traduite de différents textes hiéroglyphiques :

http://www.ancientegyptonline.co.uk/harper-song.html

Dans les îles égéennes, des idoles de marbre joueurs de harpe ont été trouvées à Théra, à Cos et à Kéros. Voici celle de Kéros, qui est datée de 2800 à 2300 avant notre ère :
http://tecfa.unige.ch/tecfa/teaching/UVLibre/9900/bin74/pgharpe.htm

Cet instrument de musique s’est ensuite répandu à travers les diverses civilisations et tous les continents.

( 5 septembre, 2013 )

Au sujet de la localisation d’Agadé, la capitale de l’empire Akkadien

Voici, issu des archives de Mari, le texte sur Agadé, qui montre que sa localisation était encore connue par les gouvernants du 18e siècle avant notre ère. Il s’agit de « I 36 », qui est une lettre Samsi-Adu à son fils Yasmah-Addu, roi de Mari : « Jusqu’au 20 de ce mois, je résiderai en Agadé. Ensuite, je remonterai le fleuve jusqu’à la Ville. Mais, toi, tu ne viendras pas avec moi. Attends 5 jours à Râpiqum, après mon départ, et lorsque ce mois-ci n’aura plus que 5 jours, pars pour Mari. … ». Une inconnue subsiste quant au nom du fleuve remontée. Une autre existe sur « la Ville » de destination de Samsi-Adu : pour certains ce serait Ekallâtum, pour d’autres Subat-Enlil, mais ce peut être Subat-Samas ou le nom d’une localité qui s’appelleainsi « la Ville ». L’analyse des nombreux textes de Samsi-Adu ne permet pas de trancher, et cela d’autant plus que ce souverain était extrêmement mobile.

http://antikforever.com/Mesopotamie/Sumer%20Akkad/akkad.htm

A mon analyse, il existe deux autres textes des archives de Mari qui, complétés de ceux de Tell Bia (Tuttul), donnent des informations plus précises.

Voici tout d’abord un extrait de la tablette VI 76 : Lorsque nous arrivâmes au camp d’Appân, j’ai dit ceci à mon Seigneur : « Le pays benjaminite t’est livré. Or, ce pays-ci est revêtude l’habit ak kadien (traduction non sûre pour « revêtu de l’habit »). Il faut que mon Seigneur honore la capitale de la royauté. De même que tu es roi de Bédouins, tu es aussi, en second lieu, roi d’un territoire akkadien. Mon seigneur ne doit donc pas monter sur des chevaux. C’est sur un nûbalum et sur des mules que mon Seigneur doit monter afin d’honorer sa capitale. » Voilà le discours que j’ai tenu à mon Seigneur. Je pense qu’il y a lieu de comprendre que les voyageurs, arrivés au camp d’Appân, sont très proches de l’ancienne capitale d’Akkad. Et que donc une étape possible pour trouver la localisation d’Akkad est de déterminer celle d’Appân. Or ce dernier toponyme apparaît à la fois dans d’autres textes de Mari et dans ceux de Tuttul.

En plus, sur le tell Bi’a, les archives d’un gouverneur de nom Sumhu-rabi ont été trouvées, confirmant que ce personnage a été gouverneur de Tuttul pendant au moins trois ans. Les similitudes entre les tablettes « A.2 » (de Sumhu-rabi) et « A.250 » (de Sumu-hadû), qui évoquent toutes les deux une ville de Der et le Balih, montrent en fait qu’Appan, Humsan et Sehrum étaient proches du Balikh, dans les environs de Tuttul. Sûmû-hadû apparaît y être un gouverneur plus tardif, sous Zimri-Lim.

Ceci est conforté par XIV 7 du gouverneur de Saggaratum qui rapporte des chutes de grêle dans sa région, puis les propos d’un grand prêtre de Dagan à Tuttul : Il s’est mis à déclarer « …..(lacune)…. il a fait s’abattre à terre. Depuis le temple de Dagan de Sarri Amnânum jusqu’à la propriété de Sumu-hadu qui est sis à Manhama, il a frappé de plein fouet sur une surface de 20 arpents la propriété de Sumu-hadu puis, tout aussitôt, il est monté vers la limite de la steppe.  A part ce grain qui se trouve complètement détruit, il n’y a pas eu d’autre dégât ». Ici le temple de Dagan, attesté à Tuttul, est qualifié de « Sarri Amnânum ». Un toponyme Sarri a été identifié vers Qabrâ, mais un autre est certifié le long de l’Euphrate, en amont de Terqa, notamment par XIII 123 et XIV 83. Zarri, Sahru, Sarrum ou Sehrum doivent se référer à un de ces deux lieux, probablement à l’origine de la dénomination « Syrie ». Quant à Amnânum ou Amnân, il désigne la tribu dont est issue la plupart des dirigeants de cette époque.

Les fouilles de Tuttul ont concerné plusieurs tells. Le temple de Dagan a été trouvé à l’Est du tell principal. Il est possible que ce soit un de ces tells qui était désigné par « Sarri » ou « Sahru ». Toutefois, Jean-Marie Durand considère que cette ville devaient se trouver sur une île de l’Euphrate. Pour moi, ce lieu est celui désigné « Sharou » « Tjarou » ou « Sharouhen » par les hiéroglyphes égyptiens : c’est celui où les Hyksos ont été battus après trois ans de siège, et ce serait celui qui s’appelait Agadé (voir l’article «  Sharouhen=Agadé? »).

Bob Gastineau

( 2 septembre, 2013 )

Histoire des fortifications urbaines

Les tablettes des archives de Mari relatent, entre autre, l’insécurité ambiante des villes de Haute-Mésopotamie, vers le début du deuxième millénaire avant notre ère. Les puissants d’alors accroissaient leur territoire par la conquête de nouvelles villes. Toutefois, ces dernières anticipaient les raides extérieurs par la construction de fortifications : d’épais murs tout autour de la ville. Les assaillants construisaient des rampes d’accès en terre ou des tours mobiles en bois pour assaillir ces bastions.

Vers le Levant, le maximum d’insécurité semble s’être situé vers le 23e siècle avant J.-C. : c’est ce que montrent les fouilles des tells du IIIe millénaire, des destructions sont constatées à l’époque de Sargon d’Akkad. Une généralisation des fortifications urbaines datent au moins de cette époque.

Mais les premières villes fortifiées datent des débuts du troisième millénaire avant notre ère. Les fouilles archéologies ont exhumé des murailles à Jericho, Tell el-Far’ah ou Tel Yarmouth. Il semble que l’abandon des maisons rondes va de paire avec la fortification des villes : les maisons rectangulaires pouvaient ainsi plus facilement s’adosser au mur d’enceinte.

En Mésopotamie, la ville d’Ourouk est fortifiée vers cette même époque.

Ce phénomène semble s’être propagé bien au-delà de la Mésopotamie et la Syrie-Palestine, notamment vers l’Anatolie et les Cyclades.

Ainsi la ville de Troie semble avoir été fortifiée dès sa création, entre 3000 et 2500 avant J.-C.

En ce qui concerne l’Europe de l’Ouest, une première ville fortifiée a été retrouvée en Espagne, elle date de 2200 avant notre ère :

http://decouvertes-archeologiques.blogspot.fr/2012/10/une-fortification-vieille-de-4200-ans.html

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