( 22 juillet, 2013 )

Histoire de la charrue et de l’araire

Autrefois, pour effectuer les labours, les spécialistes distinguent la charrue de l’araire. Pour s’appeler ainsi, le premier utilitaire doit être doté de roues et d’un versoir permettant le rejet de la terre sur un des côtés. L’araire est plus simple et plus ancien.

http://www.herodote.net/araire_charrue-mot-498.php

Une tablette, référencée II 99, trouvée à Mari, évoque la nécessité d’agrandir la superficie des champs de Terqa pour permettre l’utilisation des charrues du palais : « la superficie des nouveaux champs ne permet pas d’utiliser deux charrues supplémentaires. … Dans le district de Terqa j’ai mis 4 ou 5 charrues en service. » Voilà ce qu’écrit un serviteur du palais de Mari vers 1800 avant notre ère. La description technique des engins d’alors n’est pas connue, mais, le traducteur, Jean-Marie Durand, a toutefois utilisé le mot « charrue ». Si la présence de roues et d’un versoir n’est pas certain, la dénomination « bœufs de labour » montre que cet animal était utilisé pour la traction de l’engin. La main d’œuvre nécessaire était spécialisée, comme le montre le texte de la tablette I44 : « J’ai fait de trop nombreuses charrues à Subat-Enlil, il n’y a pas assez de laboureurs pour les tenir ». Il semble que les administrateurs demandaient à ce que chaque charrue soit constamment utilisée pendant la période des labours. La tablette A.2804 évoque l’affectation de 15 hommes par charrue. Peut-être que l’ajout d’un semoir, avec un réservoir-distributeur en roseau, pour ne plus avoir à semer à la volée, explique la quantité d’hommes nécessaires.

Ces textes montrent, comme aujourd’hui, une volonté d’optimiser les surfaces à travailler au regard des capacités des matériels disponibles et des hommes.

En ce qui concerne les représentations de scènes de labours de l’Égypte des pharaons, les spécialistes ne reconnaissent que des araires.

En Europe, l’ancienneté de l’utilisation d’araires ou de charrues n’est pas établie.
Toutefois, Frédéric de Rougemont, en 1866, dans son ouvrage «l’âge du bronze ou les Sémites en Occident», évoque, chez les Bataves, le culte d’une grande déesse appelée Néhalennia, ou Néha, qui se célébrait en promenant dans les campagnes une charrue et un bateau porté sur un char, ou char-naval. L’auteur précise que, près d’Aix-la-Chapelle, ces antiques processions se seraient renouvelées jusqu’en 1153. De son temps, un char de Néhalennia existait encore à Nivelles, dans le Brabant. Et il précise que ce culte n’était point confiné à la contrée où le Rhin, la Meuse et l’Escaut mêlent leurs eaux, des traces existaient dans la vallée du Rhin jusqu’en Souabe, où la même déesse avait le nom d’Eisen ou Isis.

 

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