( 15 février, 2013 )

Histoire de l’arpentage

Ce qui surprend lorsqu’on visite des ruines d’anciennes villes romaines c’est l’utilisation de la ligne droite dans l’architecture : les rues sont droites et se croisent à la perpendiculaire, les terrains des maisons y sont alignés, souvent de même surface.

http://www.archeogeographie.org/index.php?rub=arpentage/romain/chouqfav2

Dans cet ouvrage, on apprend qu’à la fin du Ier siècle après JC, les arpenteurs romains ont entrepris une vaste opération de révision cadastrale et fiscale qui les a conduits à rédiger des instructions et des traités.

Comme de nos jours, la surface était une des bases de calcul des taxes : aussi Rome exigeait une extrême rigueur sur l’arpentage.

D’où les romains tenaient-ils ce savoir-faire ?

 

Les Gaulois avaient des connaissances pratiques. En effet, le mot « arpentage » provient du gaulois « arapennis » qui était une mesure agraire surtout utilisée pour mesurer les surfaces de bois et de vignes. Mais les unités de mesure, comme celles des distances, étaient différentes d’une commune à l’autre. Cet état de fait a perduré jusqu’à la révolution française.

 

Les Grecs ont laissé de nombreux traités de géométries, mais peu d’éléments pratiques sur l’arpentage. Dans « Métriques », Héron d’Alexandrie est l’exception. Mais il s’est sans doute appuyé sur les connaissances égyptiennes puisqu’il habitait Alexandrie.

Le papyrus de Rhind, daté du XV 15e siècle avant notre ère, montre les connaissances  en géométrie et en arpentage des Egyptiens. On y trouve des règles pour mesurer les surfaces et les volumes du rectangle, du triangle, du cercle et de la pyramide. Hérodote nous dit que ces connaissances étaient indispensables pour mesurer les surfaces car les bornages se trouvaient déplacés par les crues du Nil.

Pourtant des stèles-bornes ont été retrouvés. Une stèle d’une donation à Ahmosis est ainsi stipulée : « Limite sud et est du terrain donné au roi Nebpehtyré, fils charnel de Ré, Ahmosis, doué de vie éternellement. Un bâton de corde lui est offert ». Christophe Barbotin, dans « Ahmosis et le début de la XVIIIe dynastie », précise : le « bâton de corde correspond à une distance de 100 coudés, soit 52 mètres.

Il s’agit sans doute de l’instrument évoqué dans l’article donné par le lien ci-dessous :

http://users.skynet.be/emborneur/histoire1.html

Mais d’autres peuples avaient des connaissances avancées sur le sujet. Dans «Histoire politique du royaume d’Ugarit», Jacques Freu mentionne qu’à plusieurs moments de l’histoire de ce royaume, un «Ouriyannu» a été chargé d’établir des frontières. Il y a tout lieu de croire que des hommes se sont spécialisés dans l’activité d’arpenteur.

L’histoire de la Mésopotamie montre toute l’évolution des pratiques sur le sujet, notamment lors de l’établissement des contrats de vente. Aux premiers temps, les tablettes décrivent des localisations des champs. Puis apparaissent des ébauches de plans, avec des descriptions cunéiformes. A partir de 2100 avant notre ère, les plans et les descriptions se font plus détaillés. Les actes de vente de champs comportent en plus leur mesure. Les textes les plus précis précisent les mesures des côtés et les propriétaires des parcelles voisines. Les calculs de superficie se faisaient en adaptant la forme réelle à des formes géométriques faciles à calculer : un rectangle pour la plus grosse partie centrale, et les compléments étaient assimilés à des triangles. Le métier d’arpenteur, avec l’utilisation de cordes, apparaît vers 2000 avant notre ère.

4 Commentaires à “ Histoire de l’arpentage ” »

  1. gmoulin dit :

    Est-ce qu’il y a des stages ou des autre formations nécessaire pour apprendre l’arpentage?

  2. histoiresantiques dit :

    Il devait sans doute y avoir une forme d’apprentissage pour les jeunes arpenteurs. Elle devait comprendre une partie théorique sur les calculs de surfaces.

  3. thierryduberry dit :

    Il est intéressant à noter que dans les cultures qui nous précédaient que la délimitation des terres était importante, mais dans d’autres, notamment des tribus amérindiennes, ce n’était pas le cas. Cette idée leur était étrange à l’arrivée des Européens. Merci de l’article, je l’ai bien apprécié.

    Thierry | http://www.groupevrsb.com/arpentage-residentiel.php

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