( 25 janvier, 2013 )

Histoire du cuir

En archéologie, la production de cuir n’est visible qu’indirectement, grâce aux traces de dépeçage sur les os et à la découverte d’outils de tannage. Ils consistaient en racloir, grattoir, poinçon,…. Mais ce sont les pointes en os, qui servaient notamment à percer les peaux, qui sont les indices les plus souvent trouvés sur les sites du Néolithique et du Mésolithique.

http://www.archeobase.be/page_percoirs_meso.html

De tels instruments étaient déjà utilisés par l’homme de Néandertal. En ces temps très anciens, la peau était tannée en conservant les poils : aussi l’animal origine de l’accoutrement vestimentaire était visible. Ce fut sans nul doute un critère de distinction des individus ou des groupes d’individus.

Les peaux étaient fumées et le tannage était végétal car fait à l’aide d’écorces, de bois ou de feuilles.

Le tannage « à l’huile » était connu au Néolithique : les acides gras de l’huile interagissaient avec la protéine présente dans la peau et permettaient de rendre le produit chimiquement stable. Mais le plus souvent, avant d’enduire la peau de cervelle, elle était mâchée, la salive légèrement acide faisant office de tanin. Aussi, l’examen des dentitions des crânes retrouvés est un autre indice du travail du cuir. La plupart des momies du désert de Taklamakan ont cette caractéristique : les dents sont usées par un masticage fréquent.

Les vêtements de dessous d’Ötzi, l’homme des glaces retrouvé momifié dans les Alpes, étaient en cuir de cerf. Le cuir était relativement fin, résistant et souple. Les chaussures, une ceinture, un pagne et des jarretières semblent également être fabriqués dans ce matériau.

En Mésopotamie, à la fin du IIIe millénaire avant notre ère, la ville d’Isin était connue pour son artisanat du cuir. Les sumériens furent parmi les premiers à équiper leurs soldats de protections en cuir, cette tradition a été ensuite reprise par les Babyloniens et les Assyriens.

En Egypte, la tombe de Toutankhamon nous a laissé une multitudes d’objets en cuir, notamment dans l’aménagement des chars, par exemple sur les jantes des roues qui étaient bordées de cuir. Ce matériau a aussi été utilisé pour les sièges, les vêtements, les gans, les carquois, et aussi, bien sûr, les sandales :

http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/CPicZ.aspx?E=2C6NU0ODYY99

 

Les Grecs et Romains avaient industrialisé les techniques de fabrication. Les peaux étaient trempées dans de grandes cuves dans lesquelles se trouvait une solution de tanin.

A Rome, c’est l’urine qui était utilisée. Elle était collectée dans les toilettes publiques pour les artisans tanneurs. Ce commerce a fait l’objet de taxes par Vespasien qui a oeuvré à généraliser ce service public.

Une tannerie a été fouillée sous les cendres de Pompéi. Les archéologues y ont trouvé de nombreuses amphores de Lipari. Cette île était connue comme productrice de tanin, dont l’avantage principal était, après traitement, de permettre la finition du produit par teinture. Le tanin de Lipari était abondamment exporté en Gaule :

http://www.sudouest.fr/2011/07/30/le-sous-sol-conti-nue-a-parler-463543-2780.php

 

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