( 3 décembre, 2012 )

10 000 ans d’histoire d’enseignes et d’animaux totems

Lorsqu’on visite l’arc de triomphe d’Orange, érigé au premier siècle avant notre ère, on est surpris de la représentation, côté Gaulois, sur l’arc est, d’un fatras d’armes, de boucliers et d’enseignes. Si on reconnait facilement le sanglier gaulois, campé sur la barre supérieure d’un T tenu par un guerrier, on devine de nombreuses autres enseignes, avec une préférence pour les animaux.

10 000 ans d’histoire d’enseignes et d’animaux totems dans Un savoir-faire d'avant le Néolithique orange-enseignes-274x300

Photo de la partie supérieure gauche de la face est de l'Arc de triomphe d'Orange

Les Romains avaient également des enseignes : c’était un déshonneur lorsque l’une d’entre-elles tombait entre des mains ennemies.

Jules César rapporte qu’il tua quatorze mille hommes Boiens et qu’il  leur prit deux cent douze enseignes militaires. Et après la bataille décisive devant Alésia, ses troupes s’emparent de soixante-quatorze enseignes.

Kruta a écrit : « L’existence d’enseignes militaires, qui implique une organisation de l’armée en unités qui se regroupaient autour de ses insignes, est largement attestée chez les Celtes par les textes depuis le IIIe s. av. J.-C. Si l’on croit en certains chiffres mentionnés à propos des combats entre les Celtes d’Italie du Nord et les Romains, une enseigne pourrait correspondre à une unité d’environ cinq cent hommes (bataille de Crémone) ».

Il était donc d’usage, durant les conflits, de se ranger dernière ces signes de ralliement. Il est curieux de constater que, bien que chaque tribu fût indépendante, des traditions communes étaient d’usage. Les Gaulois avaient, notamment, comme coutume de se rencontrer périodiquement dans la forêt des Carnutes.

L’usage d’enseignes devait également exister chez les Thraces, puisqu’en 1667, l’Abbé Mathurin Régnier, dans ses satyres mentionne « quant Saint-Marc s’habilla des enseignes de Thrace ». Par ailleurs on sait, grâce à Hérodote, que les Thraces, et avant eux, les Scythes, étaient constitués de nombreuses tribus indépendantes, avec un peuple dont étaient issus les dirigeants.

En Egypte, c’est durant l’Ancien Empire qu’on trouve ces mêmes types d’enseignes, notamment sur les statues des triades de Mykérinos, actuellement au musée du Caire.  Les statues symboliseraient les principaux lieux de culte de la déesse Hathor. Les enseignes permettent de différencier les déesses qui entourent le pharaon.

http://kemit.perso.neuf.fr/musee_caire/photos/musee1/mykerinos.htm

Sur la palette de Narmer, les enseignes apparaissent clairement aux extrémités de longues perches, chacune entre les mains d’un seul homme. Ce sont également, principalement, des animaux qui servent d’emblèmes. Il s’agit ici aussi d’un signe d’identification. Le besoin d’un ralliement sous une enseigne ou un totem devait être d’autant plus important pour les peuples nomades, qui ne pouvaient pas s’identifier par rapport à un territoire.

http://classes.bnf.fr/dossiecr/cdpanarm.htm

Ce sont aussi des animaux qui décorent les grands T en pierres découverts à Gobekli-tepe, plus de 10 000 ans avant notre ère. Les fouilles sont toujours en cours. Les chercheurs y voient des traces de chasseurs cueilleurs.

 

Et si l’usage de ces T était semblable à celui des emblèmes ? Cela ferait alors de ce très ancien site un lieu de rassemblement de différents groupes humains. Gobekli-tepe serait un ensemble de trônes totems de peuples nomades habitués à se rencontrer périodiquement.

 

http://www.dailymotion.com/video/xpg5q5_le-berceau-des-civilisations_news

 

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