( 2 décembre, 2012 )

L’utilisation de la roue et de chars

En France, l’âge du fer se caractérise, notamment, par de nombreuses sépultures accompagnées de chars. Cette coutume proviendrait de Bavière, car des tombes à char plus anciennes y ont été exhumées. Les premières tombes gauloises apparaissent dans le nord-est de la France au VIe siècle.

Mais quelles sont les plus anciennes utilisations des véhicules à roues ?

Le Pot de Bronocice, en Pologne, montre un dessin de chariot. La céramique support a été datée, grâce au carbone 14, vers 3 500 avant notre ère.

http://bronocice.blogspot.fr/

Retrouvée dans un marais, près de Lubjiana, une roue pleine a été datée autour de 3 100 avant notre ère.

La culture de Cucuteni-Tripolye, sur le territoire des pays actuels d’Ukraine et de Roumanie, est à l’origine des plus anciens chariots utilisés, vers les environs de 3 000 avant notre ère.

En Mésopotamie, l’étendard d’Ur montre des guerriers sur des chariots. Il s’agit d’une peinture sur un coffre de 2 600 avant notre ère. Les chariots ont deux essieux et quatre roues pleines. Ils sont tirés par des bœufs.
Sur chaque char, un équipage de deux soldats montre une répartition claire des fonctions : l’un dirige les animaux à l’aide de rênes, tandis que l’autre est armé d’une lance. Le char est équipé d’un carquois qui contient des javelots.

http://www.college-edouard-queau.fr/images/Image/File/histoire-g%C3%A9o/%C3%A9tendard%20d’Ur.pdf

Moins connues, mais pourtant tout aussi étonnant, les plus anciennes tombes à chars ont été trouvées en Mésopotamie. Sur le site d’Ingharra, lieu aujourd’hui majoritairement admis comme étant celui de Kish, environ deux cents tombes ont été fouillées, six comprenaient des chars ou des roues de char. Les datations de ces tombes sont incertaines. Toutefois les premières semblent être du DA II, c’est-à-dire autour de 2800-2700 avant notre ère.

En chine, les plus anciennes tombes à char de Chine ont été découvertes en 1933 à Hougang, dans le centre de la province d’Henan, et datent du règne de Wu Ding, de la dynastie Yin vers 1200 av. J.-C. Mais il semble que les chars à roue étaient connus en Chine dès le XVIIe siècle avant notre ère. Un apport de populations indo-européennes semble être à l’origine des véhicules à roues en Chine.

Les Hittites combattaient à l’aide de charriots.

Aujourd’hui, il est majoritairement admis que ce savoir-faire est né en Mésopotamie. Pourtant, les plus anciennes mentions sont européennes.

( 2 janvier, 2017 )

Histoire de la profession de notaire

Morgens Trolle Larsen publie en plusieurs volumes les archives de la famille Salim-Assur. Il s’agit d’un important marchand assyrien des débuts du deuxième millénaire avant notre ère qui avait deux fils et deux filles. Ses nombreuses tablettes ont été trouvées à Kanesh dûment rangées en plusieurs conteneurs. Elles font apparaître qu’à son décès ses principaux fournisseurs se sont retournés vers ses enfants pour réclamer le paiement des dettes en cours. Si les courriers qui suivirent montrent d’abord une solidarité entre eux, rapidement le frère cadet s’est désolidarisé et à fait pesé toute la charge de la succession sur son aîné.

Un notaire, de nom Ababa, a alors été désigné à Assur pour dénouer les encours financiers. Certaines des tablettes retrouvées correspondent aux enregistrements des différentes déclarations des héritiers rédigés par l’administratif. Déjà y apparaît une rigueur factuelle qui est une des caractéristiques du métier. Ainsi, on y apprend qu’initialement, à Kanès, le notaire souhaitait simplement emmener les deux fils à Assur pour qu’ils rendent compte et remboursent les créanciers, mais un des fils a plaidé pour un déplacement à Durhumid, là où Salim-Assur traitait la majorité de ses affaires et là où il est décédé en présence de son frère cadet. Après de premiers refus de l’administratif, et après avoir emmené les héritiers à Assur, le notaire a dû fortement s’impliquer dans les affaires de la famille – des notes de ses frais dans différents villes d’Anatolie apparaissent dans les archives – jusqu’à provoquer une dépression de l’aîné et probablement son décès.

 

Le notaire apparaît comme ayant un rôle d’officier pour le compte d’Assur. Sa tâche s’est trouvée fortement complexifiée de par les distances entre les villes et en conséquence les délais particulièrement longs de dénouement des affaires.

Voilà l’exemple trouvé dans les archives de Kanesh.

 

Georges Sylvestre dans « Les notaires, de l’antiquité à nos jours » évoque les «Tabellions» comme ayant ce rôle dans la Rome antique. Ils avaient ce nom car ils étaient chargés d’effectuer les « enregistrements » sur tablette de la même manière que les marchands assyriens 2000 ans auparavant.

http://www.erudit.org/revue/cd/1955/v1/n2/1004084ar.html?vue=resume

Il mentionne qu’avant les Romains, Aristote, au 4e siècle avant notre ère, en Grèce, considérait que les officiers publics chargés de la rédaction des contrats existaient chez tous les peuples civilisés.

 

En Égypte, les actes sous seing privé les plus anciennement attestés étaient des contrats à six témoins appelés hexamarturos. A l’époque ptolémaïque, il apparaît qu’une femme grecque pouvait conclure des contrats de différentes manières : en recourant aux pratiques grecques ou aux pratiques égyptiennes ; par des actes rédigés sous seing privé ou par des actes authentiques de type notarial, c’est à dire par des officiers grecs appelés « agoranomiques ».

( 1 novembre, 2016 )

Histoire des associations commerciales

Cécile Michel dans « Innaya dans les tablettes paléo-assyriennes » évoque la découverte, sur la colline de Kültepe, l’ancienne Kanès, de tablettes du début du 2e millénaire avant notre ère, formalisant la création d’associations de marchands afin d’effectuer des opérations commerciales.

La tablette BIN VI, 214 concerne une déposition de personnes physiques réunissant leurs efforts dans le but de faire l’acquisition et le commerce de « fer météoritique ». En Mésopotamie, le code de Hammurabi traite de ce type d’association où les protagonistes se partagent à parts égales le profit ou la perte qui surviendra.

Un « Innaya » y apparaît être le principal financeur. Ses associés prétendaient savoir où trouver le métal convoité, apparemment au cœur de l’Anatolie, alors que les autorités locales interdisaient de faire commerce de ce « fer météoritique ». Différentes autres tablettes racontent les péripéties rencontrés par les aventuriers, alors que leurs objectifs, après avoir été repérés par les locaux, n’apparaît pas avoir été atteint.

 

Claire Hasenohr dans « Etrangers dans la cité romaine » décrit deux associations phéniciennes opérant à Délos : les Poséidoniastes de Bérytos et les Héracléistes de Tyr. Elles avaient une triple vocation : professionnelle, religieuse et culturelle. Elles avaient besoin d’être autorisées par le pouvoir Grec, de la même façon que les associations italiques.

C’est sans doute depuis l’époque des marchands assyriens que le principe des associations a été pratiqué par les Phéniciens, les Grecs d’Asie Mineure, puis par les Romains pour les opérations de banque, ou pour le fermage des impôts ou les fournitures des armées.

( 28 avril, 2016 )

Histoire de l’alphabet moderne

La majorité des ouvrages qui traitent de ce sujet nous disent que les bases de notre alphabet proviennent des Phéniciens. Toutefois ces derniers ne connaissaient que les consonnes. Les marchands phéniciens l’ont diffusé dans le monde méditerranéen où il a évolué et a été assimilé par d’autres cultures, notamment celle des Grecs. Ces derniers ont changé la valeur de certaines lettres pour représenter les voyelles.

http://caracteres.typographie.org/histoire/alphabet.html

Aussi, les premiers écrits grecs à partir de l’alphabet moderne ne peuvent dater que du début du dernier millénaire avant notre notre ère. En effet, la plus ancienne inscription phénicienne est l’épitaphe d’Ahiram, sur un sarcophage. Elle est datée d’environ 1200 av. J.-C.

Mais les Grecs, au cours de leur histoire ancienne, ont changé leur façon d’écrire, car maintenant nous savons que le linéaire B était du Mycénien, et qu’il s’agit d’une langue grecque archaïque écrite à l’aide d’environ 87 signes syllabiques où les « voyelles » sont combinées à des « consonnes », en cela, ce n’était pas très éloigné, dans le principe, des hiéroglyphes égyptiens. Mais certaines lettres du linéaire B peuvent apparaître comme des ancêtres des lettres de l’alphabet grec moderne.

L’ancienneté du linéaire B est controversée, toutefois plusieurs découvertes font apparaître une existence durant une bonne partie de l’âge du bronze:

En Égypte, au Fayoum, à environ 90 km du sud du Caire, sur le village de El-Lahoun, des ruines furent fouillées à la fin du 19e siècle par Pétrie. Il y a trouvé des poteries qualifiées d’étrangères ou égéennes, mêlées à des déchets égyptiens datables de la 12e dynastie. Il y a observé des caractères proches de ce qui a été trouvé sur les plus anciens sites mycéniens :

http://www.reshafim.org.il/ad/texts/kahun/plate27.htm

Mais, depuis, d’autres traces d’écritures mycéniennes confirment leur précocité :

http://www.actu-histoireantique.com/article-decouverte-de-la-plus-ancienne-trace-d-ecriture-europeenne-une-tablette-mycenienne-du-xv-xiveme-siecle-70817630.html

 

N’y a-t-il pas eu une influence du linéaire B sur l’alphabet moderne grec ou sur l’écriture phénicienne ?

( 26 mars, 2016 )

Histoire de la domestication du chien

La domestication du chien à partir du loup serait très ancienne. Longtemps il a été admis qu’elle s’était effectuée en Europe lors du Mésolithique par les chasseurs cueilleurs. Les sépultures de Skateholm en témoignent :

https://www.academia.edu/187361/A_Piece_of_the_Mesolithic._Horizontal_Stratigraphy_and_Bodily_Manipulations_at_Skateholm

La double sépulture de Bonn-Oberkassel en est un autre exemple encore plus ancien :

https://dottietales.wordpress.com/2015/07/11/the-double-burial-of-bonn-oberkassel/

 

Mais la découverte de fossiles de chiens dans l’Altaï sibérien, et en Belgique, a fait remonter ce moment de plusieurs dizaines de milliers d’années :

http://www.hominides.com/html/actualites/chien-siberie-33000-ans-domestique-0552.php

 

Les spécimens retrouvés ne semblent pas être d’ancêtres de chiens actuels. Ce qui fait dire aux spécialistes que la domestication du chien s’est effectuée plusieurs fois dans la préhistoire des hommes, sur des lieux géographiques différents, engendrant différentes espèces de chiens.

( 16 février, 2016 )

Histoire du tissu

En Égypte, à la fin du 19e siècle, Pétrie a fouillé le site de Kom Medinet Ghurob où il a trouvé un papyrus mentionnant Maathorneferure, connue par ailleurs sur une stèle comme étant une fille du roi hittite Hattusili III, mariée à Ramsès II. Une présence étrangère est confirmée par des céramiques Cananéenne, Chypriotes et Mycéniennes ainsi que par 17 tombes qui ont livré des vêtements en lin tissés, dont certains était décorés de bandes bleues claires qui rappellent les couleurs royales du moyen âge.

http://www.gurob.org.uk/reports/Gurob-SCAPrelimRep-Nov2014-ReducedFileSize.pdf

Ces vêtements proviennent probablement des habitants des régions plus froides du nord, sans doute l’Anatolie du 2e millénaire avant notre ère.

Ils ne sont pas éloignés de ceux qui ont été trouvés dans le désert du Taklamakan, avec leur tissu à carreaux.

http://www.liberation.fr/planete/2014/04/23/chine-momie-blues-chez-les-ouighours_1003065

Les habits en tissus semblent donc avoir été assez répandus au milieu de l’âge du bronze. Ils pouvaient être tissés, comme le montre une découverte récente en Angleterre :

http://www.exponaute.com/magazine/2016/01/13/decouverte-historique-en-angleterre-un-pompei-de-lage-de-bronze/

Dans les tombes de l’âge du bronze de Haguenau, plus de cent épingles à raison de une par tombe positionnée au niveau de la poitrine du défunt montre que ces derniers ont été enterrés avec des vêtements relativement fins.

Au 3e millénaire, nous avons comme retour les vêtements que portait Ötzi, l’homme des glaces trouvé dans les Alpes. Ils montrent surtout le tissage, grossier, de substances végétales telles que le lin, le chanvre, le jonc de marais, l’ortie, ainsi que le chêne, le tilleul, le saule, l’orme et le bouleau.

http://www.hominides.com/html/ancetres/otzi3.php

On peut en conclure que les vêtements tissés de qualité couramment portés datent du 2e millénaire avant notre ère, durant l’âge du bronze.

( 12 janvier, 2016 )

Histoire de la domestication du chat

Hérodote mentionne qu’à Bubastis, de son temps, se déroulait la fête la plus populaire d’Égypte. Et dans une section consacrée aux animaux sacrés, il précise que les Égyptiens emportaient leurs chats morts dans des bâtiments consacrés à Bubastis, où ils y étaient embaumés avant sépulture.

A la fin du 19e siècle, lors de la fouille de cette ville, en confirmation des affirmations de l’historien Grec, Naville exhuma un nombre considérable de momies de ces félins et de statuettes de la déesse Bastet.

http://www.egyptos.net/egyptos/viequotidienne/chat-egypte-antique.php

Ce qui confirme l’attachement qu’avaient les égyptiens pour cet animal domestique.

D’autres animaux étaient également considérés comme sacrés, notamment le mouton, la chèvre, l’âne et certains oiseaux comme l’ibis mais le chat était préféré.

 

Voici une étude qui montre qu’ils sont issus d’une même espèce originaire du Moyen Orient il y a 10 000 ans, vers les premiers temps de l’agriculture :

http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-les-premiers-chats-apprivoises-23443.php

 

Et c’est ce type de chat de grande taille qui a été retrouvé dans plusieurs sites de Chypre. Sur celui de Shillourokambos, l’animal a été enterré avec un humain entre 7500 à 7000 av. J.-C.

Il s’agit de la plus ancienne preuve de domestication de chat :

http://www2.cnrs.fr/presse/communique/454.htm

 

 

( 21 décembre, 2015 )

Histoire du calendrier

Comment est-on parvenu à suivre et à appréhender à l’avance le temps qui s’écoule, tout en étant en phase avec les saisons ?

Les Grecs reconnaissaient le savoir-faire des Égyptiens dans l’observation du ciel étoilé et du soleil. Dès le début de leur civilisation, ils avaient organisé leur calendrier en douze mois de 30 jours, auquel était ajouté un petit mois de 5 jours. Toutefois, vu qu’il n’avait pas d’ajustement périodique (notre actuelle jour supplémentaire des années bissextiles), ce calendrier n’était pas tout à fait en phase avec le cycle annuel du soleil. Par rapport aux saisons il dérivait lentement au fil des années. Mais cela était accepté par les Égyptiens.

http://www.stmacariusmonastery.org/en0909.pdf

 

En Mésopotamie, différentes méthodes étaient en usage. Si certains utilisaient plutôt un calendrier lunaire avec des mois de 29 jours, d’autres suivaient aussi un calendrier de 12 mois de 30 jours. Tous ont toutefois choisi de s’ajuster sur les saisons en ajoutant périodiquement, souvent tous les six ans, un treizième mois intercalaire.

 

Les Athéniens ont repris, sans doute des Égyptiens, le même calendrier de 12 mois de 30 jours. Mais au cours de leur histoire, ils ont voulu s’ajuster sur les cycles de la lune avec des alternances de mois de 29 jours et 30 jours et l’ajout d’un mois tous les 3 ans. Puis, constatant un décalage, vers le 5e siècle avant notre ère, sur un cycle de 8 années, ils ont incorporés 3 mois intercalaires. Ce n’était toujours pas satisfaisant. D’autres cycles ont été utilisés au cours de leur histoire. Ils n’ont pas été suivis par d’autres dans leur tâtonnements successifs.

 

Notre calendrier actuelle provient des Romains, où il a, de même, fait l’objet de nombreux aménagements. Il est possible de simplifier cette histoire ainsi :

A ces débuts, le calendrier romain ne comptait que dix mois de 30 ou 31 jours. En hiver, on attendait plus de 50 jours l’équinoxe vernal pour démarrer une nouvelle année. L’année romaine commençait alors aux alentours de notre 1er mars.

Vers 700 avant notre ère, il a été décidé de raccourcir quelques mois pour en créer deux nouveaux, l’équivalent de nos mois de janvier et février, qui étaient alors les deux derniers de l’année. Et c’est naturellement sur le dernier de l’année d’alors, celui de février, que des ajustements ont été faits vis à vis de la réalité solaire, par l’ajout d’une journée intercalaire dite « ante diem bis sextum kalendas ».

Si les premiers noms du calendrier proviennent de noms de planètes, ceux des mois de Septembre, Octobre, Novembre et Décembre sont issus de l’énumération latine : septième, huitième, neuvième et dixième.

L’année même de la mort de Jules César, en 44 avant Jésus-Christ, Marc-Antoine, voulant honorer la mémoire du conquérant des Gaules, fit remplacer le cinquième mois, qui s’appelait « quintilis », par celui de Julius, qui est devenu notre mois de juillet. Son successeur Auguste, a eu droit aux mêmes honneurs avec le mois qui était alors appelé Sextilis, le sixième mois de l’année. C’est par plébiscite que le sénat en a décidé ainsi. « Auguste » est devenu notre mois d’août.

C’est seulement en 1582 que le pape Grégoire XIII a décidé de réformer le calendrier en débutant celui-ci au 1er janvier.

( 10 novembre, 2015 )

Histoire du cuivre

Le cuivre a précédé le bronze dans la fabrication d’outils. De ce fait, les archéologues ont défini une période d’utilisation de ce métal, le chalcolithique, comme étant une transition entre le Néolithique et l’Âge du Bronze.

Les plus anciennes traces de cuivre ont été notamment trouvées sur le site de Çayönü Tepesi, en Turquie, vers les sources du Tigre.

Ce site est avant tout un site du Néolithique. Mais il y a été trouvé, en cuivre, autour de 113 objets : perles, crochets, poinçons et épingles.

http://www.tf.uni-kiel.de/matwis/amat/iss/kap_a/advanced/ta_1_2c.html

Ces premiers outils métalliques ont été façonnés par martelage du cuivre à froid et datés entre 8 200 et 7 500 avant J.-C. Très rapidement, la fabrication a été améliorée par un martelage à chaud, autour de 500 degrés. La matière première provenait des mines locales d’Ergani Maden qui fonctionnent toujours. Ces deux villes d’Ergani et de Maden étaient connues avec les mêmes noms sous l’Empire Néo-assyrien.

http://histoire-antiquite-de-bob.overblog.com/2015/11/amadanu-et-arqania-maden-et-ergani.html

Le site d’Asikli Hoyuk, plus vers l’ouest de l’Anatolie, rivalise avec Çayönü Tepesi sur la date d’ancienneté de quelques dizaine d’années. Ce deuxième centre de production d’objets en cuivre travaillait aussi l’obsidienne, qui est resté longtemps un concurrent préféré en Europe :

http://www2.cnrs.fr/presse/communique/2360.htm

Vers le 7e et le 6e millénaire, de menus objets en cuivre ont été trouvés à Hacilar, à moins de 10 km de Çayönü Tepesi. A Mersin, en Cilicie, apparaît une fabrication plus conséquente de haches plates en cuivre. Et sur le site de Can Hasan, c’est une masse d’arme à douille creuse qui a été trouvée.

En Europe, l’introduction de ce savoir-faire s’est opéré par l’est. Les plus anciennes mines sont celles de Aï Bunar en Bulgarie et Rudna Glava en Serbie, vers 4500 avant J.-C.

Pendant longtemps, la réalité de cette période en Europe de l’ouest s’est posée. Les premières trouvailles ont été associées au campaniforme.

Mais Ötzi, l’homme des glaces, daté de 2500 avant notre ère, possédait une hache en cuivre. Il a comblé un manque de trouvailles qui devait plutôt être dû à une gestion stricte. Le cuivre devait être précieusement recyclé.

Le principale centre de production européen a été Chypre qui doit son nom à ce métal. Mais c’est seulement au 3e millénaire av. J.C. que le cuivre fait son apparition dans la joaillerie et dans les outils tels que les charrues.

http://www.cliolamuse.com/spip.php?article51

Des chercheurs du CNRS ont montré qu’il est possible de mesurer une première pollution humaine, au premier millénaire avant notre ère, en mesurant le niveau de cuivre dans les couches des glaces polaires :

http://www.cnrs.fr/Cnrspresse/n23a4.html

Il faut comprendre que la fabrication des objets en cuivre, puis en bronze, a constitué une industrie conséquente, avec de véritables circuits commerciaux.

( 3 octobre, 2015 )

Histoire de l’administration de l’agriculture

La traduction des milliers de tablettes trouvées à Mari a montré qu’il y avait, au début du 2e millénaire avant J.-C., deux types d’agriculture :

  • une agriculture privée, essentiellement de subsistance, sur de petites parcelles individuelles, attribuées le plus souvent directement par le souverain local, par exemple aux soldats de l’armée,

  • une agriculture administrée, sur de grands domaines royaux, où des fonctionnaires décidaient de l’ensemble des travaux, notamment des moyens matériels et humains.

Ainsi, le plus souvent, un particulier devait d’abord participer aux travaux du domaine royal avant d’entreprendre ceux de sa parcelle individuelle. Ces activités étaient particulièrement suivies par les scribes lors des récoltes, pendant lesquelles il était d’usage de ne pas faire la guerre.

Cette organisation permettait au souverain d’engranger un maximum de biens et de nourritures qu’il pouvait ensuite redistribuer aux plus méritants ou échanger contre d’autres bien avec d’autres pays. Des scribes étaient chargés de suivre les entrées/sorties alimentaires.

Il est étonnant de constater, déjà, que la bière et le vin étaient des produits très appréciés : bon nombre de tablettes cunéiformes trouvées sont des décomptes de ces deux boissons. Les sites les plus significatifs sont :

  • Godin Tépé en Iran

  • Tell Rimah

  • Tell Chagar Bazar.

Vers le pays d’Urartu, des marchands pouvaient, aussi, diriger de grandes exploitations. Ainsi, le site de Giricano, situé en Turquie, au nord du Tigre, était un centre de production agricole appelé Uzibu. Les tablettes ont été rédigées par un marchand résident à Uzibu et Tushan. Elles enregistrent des ventes d’esclave, de céréales, de bétails et d’argent.

A la même période, l’élevage aussi était encadré par une administration très directive. En 1978, 25 tablettes cunéiformes ont été trouvées sur le tell Ali dans l’actuel pays d’Irak. Les tablettes, datées du 13e siècle avant notre ère, se réfèrent en majorité à l’administration de l’élevage de mouton et à la fabrication de la laine. Ces textes donnent une bonne vision de la gestion administrative d’une petite ville agricole dans le royaume assyrien. Le travail de la laine était effectué dans un « palace » par des esclaves, essentiellement des femmes.

Auparavant, vers le 21e siècle avant notre ère, des tablettes issues de fouilles sauvages trouvées sur le site de Drehem montrent une gestion administrative des transferts de bétails.

Ce devait être ce type d’activité qui était enregistré sur de nombreuses tablettes de comptages retrouvées en Irak ou en Iran dès les premiers temps de l’âge du bronze.

( 2 septembre, 2015 )

Histoire du jeton

Avant la propagation de l’écriture, les jetons étaient utilisés dans les sociétés néolithiques pour aider dans les décomptes de bétails, de mesures de grains, … Les découvreurs du site de Ziyaret Tepe, qui en ont trouvé de différentes formes, sont convaincus que cet usage a continué durant l’âge du bronze :

http://blogs.uakron.edu/ziyaret/2014/07/15/press-release-for-tokens-research/

Voici une étude des différents types de jetons, et leurs datations, sur les sites archéologiques du Golf Persique, de Mésopotamie et du Levant :

http://www.wikistrike.com/article-les-66703337.html

Il en ressort que l’usage des jetons de comptage s’est étendu depuis 9000 avant J.-C. jusqu’aux environs de 2000 avant notre ère.

Les archéologues sont convaincus que certains des objets trouvés étaient utilisés dans le cadre de jeux :

http://www.gurumed.org/2013/08/21/les-pions-du-plus-ancien-jeu-de-socit/

En Europe, il s’agit d’objets souvent trouvés sur les sites archéologiques dès le Néolithique. En voici un exemple venant d’Ukraine :

http://matricien.org/2015/01/07/ukraine-archeologie-un-temple-immense-vieux-de-6000-ans-construit-par-une-civilisation-matriarcale/

En voici d’autres, du site de Corent, qui datent de l’âge du fer :

http://artefacts.mom.fr/fr/result.php?id=JTN-3001&find=CIA&pagenum=1&affmode=vign

Bien entendu, l’usage des jetons dans le cadre d’activités commerciales a cessé avec l’arrivée des pièces de monnaie.

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